cours 8: La transition à la parentalité Flashcards Preview

Psycho clinique du couple et la famille > cours 8: La transition à la parentalité > Flashcards

Flashcards in cours 8: La transition à la parentalité Deck (47):
1

Quels sont les formes de parentalité?

1. La filiation: aspects juridiques

  • Le rapport sexuel fécondant
  • Procréation médicalement assistée (PMA par FIV ou ICSI) – régie selon la lois LPMA de 2001, qui est possible pour:
    • Les couples hétérosexuels
    • Les 2 membres du couple doivent être consentants et vivants
    • Pas de limite d’âge clairement établie, le couple devant toutefois être à même d’élever l’enfant jusqu’à sa majorité
    • Don de sperme autorisé si le couple receveur est marié. Le don d’ovule est interdit
  • L’adoption (Code civil, droit de la famille), qui est possible pour:
    • Les couples mariés depuis 5 ans ou âgés de 35 ans révolus
    • Un parent peut adopter l'enfant de son conjoint à condition qu'ils soient mariés depuis au moins 5 ans
    • Une personne célibataire
    • L’adoption est plénière = remplace et annule les liens de filiations précédents
  • Mère porteuse (interdit en Suisse) 

2

Comment se fait la fixation du lien de parenté

en cas de naissance avec des parents mariés?

La mère est la femme qui a accouché de l’enfant, le père est le mari de la femme, les deux parents détiennent l’autorité parentale.

3

Comment se fait la fixation du lien de parenté

en cas de divorce?

  • L’autorité parentale reste conjointe, sauf contre - indication dans l’intérêt de l’enfant
  • Il y a un « moratoire » de 6 à 9 mois qui suit le divorce. Un enfant né dans cet intervalle est considéré comme l’enfant de l’ex - mari
  • Un enfant né d’une mère séparée mais non divorcée et de son concubin sera juridiquement le fils du mari et non du concubin. Il faut alors engager une double procédure de désaveu en paternité (le mari) et de reconnaissance de l’enfant (le concubin) 

4

Comment se fait la fixation du lien de parenté

en cas de naissance hors mariage?

  • La mère est la femme qui a accouché de l’enfant. Elle détient l’autorité parentale et l’enfant a son droit de cité, quelles que soient les nationalités des deux parents. L’enfant porte son nom
  • Le père doit alors « reconnaître » l’enfant pour que la filiation soit officielle
  • L’autorité parentale conjointe est accordée sur demande des deux parents. Dans ce cas, ils choisissent quel nom donner à l’enfant
  • Le père peut revendiquer sa paternité même contre l'avis de la mère, qui peut à ce moment enclencher une procédure de désaveu en paternité 

5

De 2 à 3: les prémisses

La relation en germes

p/r à la famille d'origine

  • La future parentalité introduit un changement de l’identité individuelle chez la mère et chez le père (la « constellation maternelle »)
  • Elle provoque un repositionnement par rapport aux familles d’origine, suite au changement de statut des parents:
    • Devenir parent met les « enfants » à égalité avec leurs propres parents
    • Le premier à avoir des enfants « bascule » ses parents dans la génération supérieure en les transformant en grands - parents 

6

De 2 à 3: les prémisses

La relation en germes

pendant la grossesse

  • Le travail « d’être père » ou « d’être mère » commence bien au moins pendant la grossesse.
  • Les parents imaginent la future grossesse, leur état futur de parent en mettant en scène son déroulement
  • Les représentations prennent véritablement forme lorsque la grossesse est confirmée. Au fur et à mesure des transformations corporelles, la mère fait l’expérience d’une « grossesse mentale »
  • C’est un travail psychologique qui prépare le chemin pour des changements profonds dans l’identité de la mère dans son mariage, sa famille d’origine, sa vie professionnelle et sociale   

7

De 2 à 3: les prémisses

La relation en germes

pendant la grossesse - suite

du processus physiologique aux représentations

  • Les deux processus, physiologique et psychologique, s’influencent mutuellement pendant toute la durée de la grossesse
  • Les représentations élaborées sont entre autres :
    • L’image du bébé, de soi - même comme future mère, de son mari comme futur père, de sa nouvelle famille nucléaire…
  • Les représentations du bébé ne sont pas une image complète et cohérente d’une personnalité particulière. Il y a des dimensions positives et négatives :
    • Le bébé désiré, beau, fort, qui réalise quelque chose qu’elle avait rêvé pour elle - même
    • Le bébé redouté : malformé, faible, qui va peut - être devenir violent ou alcoolique comme certains membres de la famille   

8

De 2 à 3: les prémisses

La relation en germes

pendant la grossesse - suite

Représentations accroissent et puis diminuent

  • La richesse et l’élaboration des représentations accroissent quantitativement et qualitativement durant les premiers mois
    • L’augmentation la plus spectaculaire a lieu autour du 3e et 4e mois (échographie) et du 5ème mois (le bébé commence à bouger )
    • Le point culminant est atteint à 7 mois
    • Ensuite, ces représentations s’appauvrissent 

A image thumb
9

Parentatlité: une affaire de mère seulement?

modèle traditionnels

"engrossment"

  • Modèles traditionnels de la "monotropie" 

- > l’enfant s’attache à sa mère, comprise comme individu biologique.

Schaffer: la mère est un rôle, non un individu

  • Greenberg & Morris (1974): « engrossment » paternel
  • Changements corporels: syndrome de la couvade ou « grossesse par sympathie » 

10

PARENTALITÉ : UNE AFFAIRE DE MÈRE SEULEMENT ?

Le vécu parental à la naissance

Le vécu parental à la naissance est identique pour les pères et les mères:

  • Exaltation; impression de dépersonnalisation
  • Augmentation de l'estime de soi
  • Description du bébé comme parfait, comme possédant des traits de ressemblance marqués avec eux - mêmes   

11

La complexification systémique

L’arrivée de l’enfant complexifie l’organisation systémique de la famille. Au système conjugal préexistant à la naissance s’ajoutent:

  • Les systèmes parentaux (mère - enfant, père - enfant)
  • Le système co - parental
  • Le système triadique père - mère - enfant   

A image thumb
12

Le Co-Parentage

  • Minuchin (1974): distinction entre sous-système conjugal (couple conjugal) et sous-système parental (couple parental). Le terme co-parentage n’est pas encore employé tel quel
  • McHale (1995): le co-parentage est le degré de soutien et de coordination entre adultes qui élèvent ensemble un (des) enfant(s)
  • L’intérêt de cette distinction «systémique» a d’abord été vu dans les situations de divorce:
    • Le divorce entérine la disparition du couple conjugal
    • La présence d’enfant pérennise le couple co-parental   

13

Le Co-Parentage: les relations "ouvertes"

dimensions principales

  • Le co-parentage se manifeste dans toutes les activités de soutien émotionnel et instrumental entre les parents, à propos de l’enfant
  • La coopération , le conflit/antagonismes et l’affection/chaleur en sont les dimensions principales
  • Le co - parentage «cohésif» est marqué par la chaleur, la coopération et très peu d’antagonismes entre les parents 

14

Le Co-Parentage: les relations "ouvertes"

Diverses modulations "non-cohésives" sont possibles (McHale, 2007)

  • Compétition (peu de chaleur et de coopération, antagonisme élevé), dont la forme extrême est le travail de sape
  • Exclusion (peu de chaleur, de coopération et d’antagonisme), dont la forme extrême est un décalage marqué dans l’investissement des deux parents auprès de l’enfant
  • « Centré-sur-l’enfant » (peu de chaleur, et d’antagonisme, avec une coopération de «surface»), dont la forme extrême est une relation de neutralité dans laquelle l’enfant est le garant des interactions parentales 

A image thumb
15

Coparentage x développement de l'enfant

Méta-analyse (Teubert & Pinquart, 2010)

A image thumb
16

Le coparentage 

qu'est-ce qui sont les relations "cachées"?

Le coparentage se construit également dans la relation que chaque parent a avec l'enfant à propos de l'autre parent.

A image thumb
17

Le co-parentage: le relation "cachées"

McHale & Rasmussen

McHale & Rasmussen (1998): co-parentages ouvert et caché sont corrélés mais distincts, et expliquent chacun une part de variance spécifique du développement socio-affectif de l’enfant 

A image thumb
18

Quels sont les facteurs relationnels qui influencent le coparentage?

A image thumb
19

La satisfaction à la naissance de l'enfant

Cowan & Cowan, 1992

  • Nous avons vu l’importance de la satisfaction maritale pour la durée du couple
  • La parentalité a comme conséquence une insatisfaction progressive mais normalement transitoire lors des deux premières années (Cowan & Cowan, 1992)
  • Effet «paradoxal»: la parentalité est un facteur protecteur à long terme de la relation de couple (moins de divorce chez les parents) --> lutte contre l’usure du temps, mais une mise en tension importante à court terme
  • En cas de conflit pré-existant, la parentalité est probablement fatale pour le couple   

20

Liens relation maritale x coparentage

Schoppe-Sullivan et al., 2004; Favez & Frascarolo, 2013

  • Satisfaction conjugale liée à coparentage coopératif et insatisfaction à coparentage non cohésif
  • Variables explicatives du lien:
    • Spillover effect
    • Difficulté des parents dans la gestion des émotions négatives
  • Lien bidirectionnel entre le sous - système conjugal et coparental
  • Influence unique des 2 sous - systèmes sur le développement de l’enfant 

21

Qu'est-ce qu'est l'engagement paternel et de quoi dépend-il?

  • Mesure dans laquelle le père va s’engager dans la relation avec les enfants
  • Dépend de l’identité paternelle: la mesure dans laquelle le père se construit une identité parentale et s’investit dans ce rôle
  • Moins codifié socialement que le maternel, l’engagement paternel est sensible au contexte social
    • Distal: valeurs culturelles
    • Proximal: soutien reçu de la part de la mère dans le rôle paternel   

22

Modèle de l'investissement paternel

Lamb, Pleck, Charnow & Levine, 1987

A image thumb
23

L'engagement paternel

qu'est-ce qui a révélé une enquête en France en 1982?

Toutefois: les pères veulent s’investir dans la maintenance, mais ne le tiennent pas autant qu’ils l’annoncent:

  • Enquête de 1982 en France: 50% des pères déclaraient vouloir aider leur femme à la « maintenance », mais interrogés sur ce qu’ils ont fait la veille, seuls 20% d’entre eux ont effectivement mis la main à la pâte
  • Au XXIème siècle la situation change un peu, mais la mère reste presque toujours en charge d’organiser les soins
  • Les pères trouvent souvent trop « difficile » de s’occuper d’un bébé   

24

Prédiction de l'engagement paternel

Frascarolo et al., 2007

  • Les pères sont - ils trop optimistes avant la naissance?
  • Étude qui compare ce que fait le père effectivement après la naissance avec ce qu’il prévoyait de faire et avec ce que la mère prévoyait qu’il ferait
  • Pères et mères primipares (50 couples, niveau SES moyen à élevé) remplissent des questionnaires sur l’engagement paternel au 5ème mois de grossesse, à 3, 9 et 18 mois   

25

Prédiction de l'engagement paternel

Frascarolo et al., 2007

Résultats

Il ressort que :

  • Les pères s’attribuent à tous les âges des scores d’engagement plus élevés que ce que les mères leur attribuent
  • L’engagement effectif du père tel que l’évaluent les deux parents après la naissance est significativement plus bas que ce qu’ils avaient prédit pendant la grossesse
  • L’évaluation de la mère durant la grossesse est un meilleur prédicteur de l’engagement auto - reporté des pères après la naissance que l’évaluation du père durant la grossesse
  • A 3 mois, les pères de garçons ont un degré d’engagement auto - reporté plus élevé que les pères de filles. La même différence se voit dans le rapport des mères 

26

Le déséquilibre de l'engagement

Le père s’investit donc moins que prévu dans les soins à l’enfant et se tourne vers son activité professionnelles

- > un des facteurs les plus prévisibles de l’insatisfaction maternelle après la naissance de l’enfant

Mais: nombre d’enquêtes montrent que les mères qui sont dans la position traditionnelle de “mère au foyer” sont satisfaites de cette configuration, et que nombre de pères se plaignent du peu de contact avec leur(s) enfant(s)

- > la répartition de l’engagement de chaque parent obéit à un équilibre complexe qui est mutuellement négocié, entre engagement paternel et « gatekeeping » maternel   

27

Qu'est-ce qu'est le "Gatekeeping"

Allen & Hawkins, 1999

  • Le “gatekeeping” se réfère à la façon dont la mère régule l’implication paternelle avec l’enfant:
    • Encouragement (renforcement positif, critiques constructives, laisser au père le temps de faire par lui - même, favoriser les moments père - enfant seuls)
    • Découragement (critiques négatives, positions d’enseignement, ne rien faire ou ne rien dire si le père est en difficulté et / ou si la mère n’apprécie pas ce qui est en train de se passer)
  • Cette régulation varie selon les domaines d’activité parentale et selon la qualité du coparentage:
    • Coparentage cohésif: pas de lien entre encouragement et engagement paternel
    • Coparentage non cohésif: encouragements a effet négatif sur engagement paternel   

28

Typologie du "gatekeeping"

Van Egeren, 2006

  • Les “supporters” (encouragers) qui renforcent positivement les pères
  • Les “autonomes” (autonomous) qui laissent les pères prendre leurs décisions
  • Les “managers” (managers) qui donnent la direction au père et le laissent faire par lui - même
  • Les “critiques” (critical) qui critiquent négativement les pères (les “gatekeepers” classiques)
  • ! Le gatekeeping fonctionne aussi dans l’autre sens: p.ex. tendance à un appariement des mères « critiques » avec des pères « critiques »

196   

29

Le Baby-Blues

définition (Yalom)

  • Terme "inventé" par Yalom en 1968. Également nommé « syndrome transitoire du post - partum »
  • Présence chez la mère de pleurs, déprime, irritabilité, excitation et d’un sentiment de déréalisation. Grande labilité thymique et une fluctuation symptomatique importante
    • Un premier pic se produit dans les quelques heures qui suivent l’accouchement
    • Un second pic se produit entre le troisième et le dixième jour, où les pleurs sont déclenchés par des événements mineurs et anodins
    • Il dure entre 12 et 24 heures   

30

Le Baby-Blues

  • La prévalence du baby-blues est très difficile à établir en raison de la multiplicité des symptômes, de leur brièveté et de leur non spécificité (varie selon les études entre 30% et 80%).
  • L’étiologie du blues n’est pas claire. Malgré qu’il se produise dans une période d’importants changements hormonaux, aucun lien spécifique n’a pu être fait avec une (ou des) hormone(s). Allaiter semble être un facteur protecteur contre le blues
  • Il est présent dans toutes les cultures dans lesquelles le phénomène a été étudié (Europe, Amérique, Afrique)
  • Il n’y a pas de rapport avec le déroulement de l’accouchement (travail long et pénible, p. ex.)  

31

Tableau symptomatologie du baby-blues

Stein 1982

A image thumb
32

Le baby-blues et la dépression post-partum

  • Le lien entre baby - blues et dépression du post - partum est encore controversé.
    • Il est difficile de trouver un lien « positif » entre les deux, les études donnant des résultats contradictoires quant à « l’enchaînement » qui ferait du baby - blues un précurseur ou un facteur de risque de la DPP
    • Il y a par contre un lien « négatif » : l’absence de blues est très fortement prédictif de l’absence de la DPP dans le post - partum tardif    

33

La dépression post-partum (DPP)

depuis quand connu

combien de femmes

DSM IV et V

  • Dès la fin des années 1950, on se rend compte que les admissions de femmes en psychiatrie sont plus élevées dans les trois mois qui suivent une naissance
  • En 1968, au moment où Yalom décrit le baby-blues, Pitt décrit une « dépression atypique » suivant la naissance, la dépression post-partum (DPP):
    • Dépression non psychotique
    • Sans idée suicidaire ou ralentissement psychomoteur
  • Une recherche montre que 10% de femmes non déprimées pendant la grossesse le deviennent dans les 8 semaines suivant l’accouchement 
  • La DPP est répertoriée dans la CIM-10 sous la section F53 « Troubles mentaux et troubles du comportement associés à la puerpéralité »
  • Dans le DSM IV, il s’agit d’une spécification (« début lors du post-partum ») des troubles de l’humeur. Le diagnostic exact de la DPP dans les termes du DSM serait: «épisode dépressif majeur léger débutant lors du post-partum »
  • Dans le DSM V, il s’agit également d’une spécification (« début lors de la période péripartum ») des désordres dépressifs

- > Elle n’est donc pas considérée comme un trouble spécifique 

34

DPP

à quel moment?

quels sont les signes?

  • La DPP apparaît après une latence variable, avec deux pics : durant les 6 premières semaines, ou entre le 9ème et le 15ème mois du post-partum
  • Les signes les plus caractéristiques sont :
    • Sentiment d’incapacité physique à répondre aux besoins de l’enfant
    • Absence de plaisir à prodiguer des soins à l’enfant
    • Irritabilité, agressivité dirigées vers le père ou autres membres de la famille
    • Phobies d’impulsion

+ tout un ensemble de symptôme proches de la dépression « classique » 

35

tableau de comparaison

Dépression postpartum vs Dépression "ordinaire"

A image thumb
36

DPP

pronostic

  • La DPP est de bon pronostic. La durée des troubles est le plus fréquemment de 3 à 6 mois, et peut s’étendre jusqu’à 14 mois
  • Pour un pourcentage minoritaire de femmes, la DPP est par contre le début d’épisodes dépressifs récurrents, soit lors d’une grossesse suivante (de 30% à 50% de récidive), soit à une autre période de la vie
  • Un grand nombre de DPP sont « confondues » avec des doléances concernant le bébé, ou se manifestent par le biais de difficultés comportementales de l’enfant 

37

Facteurs prédicteurs DPP

A image thumb
38

DPP

Lien entre conflit conjugal et dépression

Un conflit pré-existant à la naissance de l’enfant précipite la dépression:

  • Basse estime de soi de la mère
  • Sentiment d’isolement 

La dépression rend le conflit plus probable:

  • Attentes déçues du partenaire non dépressif
  • Surcharge de travail
  • Difficulté d’interagir avec une personne en dépression 

39

DPP

facteurs de risque pour l'enfant

  • Vulnérabilité génétique : les études sur les jumeaux montrent qu’un adulte a trois fois plus de risque que la normale de développer un trouble affectif s’il a un parent au premier degré qui a un trouble unipolaire
  • Facteurs constitutionnels : altération neuroendocrinienne durant la grossesse
  • Perturbation (disruption) de l’environnement prénatal
  • Interactions mère-enfant non optimales, sur- et sous-stimulations
  • Contexte psychosocial 

40

Comportement interactif de mères dépressives

  • Par comparaison avec le comportement interactif « standard », une mère dépressive montre les caractéristiques suivantes :
    • Plus d’affects négatifs
    • Plus de retrait et de rejet de l’interaction
    • Tendance à parler, vocaliser moins
    • Tendance à montrer des comportements intrusifs
  • Deux styles différents: (Tronick, 2009):
  • Certaines mères sont intrusives, sur-stimulantes et contrôlantes, particulièrement si le bébé est de sexe masculin
  • Certaines mères sont en retrait, passives et sous-stimulantes 

41

Les phases dyadiques

  • L’interaction est marquée par (Brazelton, 1974, Tronick, 1977) :
    • Une influence mutuelle et réciproque entre les partenaires
    • Une base attentionnelle: l’orientation et la fixation de l’attention initient les comportements d’échange, le détournement de l’attention y met fin

1. Initiation de l'interaction

2. Orientation mutuelle

3. "Salutation"

4. Jeu/dialogue

5. Désengagement 

42

DPP

Exemple de perturbation

A image thumb
43

DPP

dérégulations de l'interaction

  • Régulation appropriée:
    • Adéquation des stimulations à l’état de l’enfant
    • P.ex. augmentation du niveau de stimulation quand l'enfant se désintéresse de l'interaction, mais respect des pauses 
  • Sur-régulation:
    • Stimulations excessives
    • P. ex. intervention dans les actes autorégulateurs de l'enfant
    • P.ex. non respect des pauses dans l'interaction
  • Sous-régulation:
    • Stimulations appauvries
    • P.ex. non réponse aux sollicitations et invitations de l'enfant
    • P.ex. désengagement rapide de l’interaction 

44

Comportement émotionnel de bébés de mères dépressives

  • Les bébés montrent plus d’expressions négatives que d’expressions positives dans l’interaction, avec leurs mères dépressives mais aussi avec un adulte non dépressif
  • Ils réagissent peu à l’absence d’expression de la mère à laquelle ils se sont acclimatés -> voir expérience du « still-face »
  • Ils expriment proportionnellement plus d’émotions positives à un adulte familier non dépressif qu’à sa mère
  • Ce sont des bébés dont le « self-soothing » est plus bas, qui sont plus irritables et moins actifs 

45

Le paradigme du still-face

  • Dans le paradigme du « visage impassible » (still-face), la mère et l’enfant (3 à 6 mois) sont assis face à face, l’enfant dans un bébé-relax, la mère sur une chaise
  • Trois épisodes de deux minutes chacun:
    • Interaction « normale »
    • La mère pose un visage impassible et ne répond pas aux sollicitations de l’enfant
    • Redémarrage de l’interaction « normale »
  • La situation est paradoxale :
    • La mère semble « proposer » une interaction par une formation corporelle adéquate (face à face, distance propice)
    • Elle n’envoie pas d’autre signal, et ne répond pas aux signaux de l’enfant en restant inexpressive et sans mouvement corporel 

46

Réactions de l'enfant au still face

  • L’enfant montre les réactions suivantes :
    • Stimulation à interagir, augmentation des signaux
    • Apparition d’affects négatifs (protestation)
    • Retrait : l’enfant se détourne; activités auto-centrées
  • Le « carryover » des affects négatifs
    • Durant le dernier épisode, l’enfant doit faire face à un événement positif (le retour aux affaires de sa mère) et en même temps gérer les émotions négatives générées lors de l’épisode précédent
    • les réactions de l’enfant lors de cet épisode sont mixtes, expressions positives (sourires) et négatives (notamment méfiance et colère)
  • Les mesures physiologiques montrent une diminution de la variabilité du rythme cardiaque

47

DPP

Conséquences à court / moyen termes

  • Dans les deux premières années:
    • Le taux d’attachement insecure chez des enfants de 18 mois est plus élevé
    • Plus de probabilité de troubles du sommeil ou de troubles de l’alimentation
  • Entre trois et cinq ans:
    • Culpabilité plus grande, sur-implication empathique dans les problèmes des autres, plus grande inhibition dans les situations non familières
    • Troubles externalisés (régulation de l’agressivité)
  • Pas de retard global de développement, ni de retard de langage