Eco et le Lecteur Modèle Flashcards Preview

Théorie de la Lecture > Eco et le Lecteur Modèle > Flashcards

Flashcards in Eco et le Lecteur Modèle Deck (21):
1

Qu’est-ce que la sémiotique?

C’est la théorie des systèmes de signes, leur rôle, ce qui les distingue, comment ils se déploient, s’encodent et se décodent, etc.

2

En revers de quelles approches se positionne Umberto Eco?

Les théories centrées sur l’auteur et les théories centrées sur le texte (en particulier formalistes et structuralistes); il se concentre plutôt sur le rôle de la réception.

3

Quels sont les deux nouveaux types d’œuvres qui surgissent dans les années 1950-1960 qui motivent la réflexion d’Eco?

(1) Les œuvres interactives, dont la version finale dépend de l’interprète (qui peut ou non se rapporter au lecteur).

(2) Les œuvres en mouvement, qui n’ont pas de forme fixe ou finale.

4

Quels types de problèmes posent les œuvres interactives et les œuvres en mouvement?

Les œuvres interactives et les œuvres en mouvement, possédant une forme variable selon les moments où on les interprète, rendent l’interprétation problématique puisque non-stable.

5

Quelles nouvelles notions Eco formule-t-il à partir des notions d’œuvres interactives et d’œuvres en mouvement?

Qualifiant les œuvres interactives et les œuvres en mouvement d’œuvres « ouvertes », Eco étend cette notion à l’ensemble des textes littéraires sur un mode sémantique (et non matériel), car l’interprétation pose, au fond, toujours problèmes, à cause de la perspective unique du lecteur réel sur le livre qu’il tient entre ses mains.

6

Selon Eco, le lecteur possède-t-il une liberté absolue face au texte?

Non. Eco pense que le lecteur n’est ni totalement libre du texte, ni totalement soumis à lui. L’œuvre exige de choisir parmi un éventail de possibles interprétatifs.

7

Que veut dire Eco lorsqu’il dit que le texte est « paresseux »?

Le texte comporte une suite de non-dits, de sens implicites, de sous-entendus, etc., qui doivent être explorés par le lecteur pour surgir.

8

En quoi la conception que se fait Eco du texte littéraire se rapproche-t-elle des théories cognitives de Roman Ingarden? En quoi s’en distingue-t-elle?

Comme Ingarden, Eco considère que le texte comporte des « lieux d’indétermination » sémantiques où le sens fait problème, parce qu’il est implicite, non-dit, sous-entendu. Toutefois, Ingarden concevait l’idée de lieux d’indétermination sur le plan de la représentation de l’espace et du temps seulement, qui est toujours fractionnaire.

9

Quel déplacement concernant la nature de l’objet littéraire explique que la lecture soit essentielle au texte, selon Eco?

Le texte est passé du statut d’objet didactique à celui d’objet esthétique.

10

Quelle définition Eco donne-t-il du lecteur modèle?

C’est une anticipation par le texte des lectures effectives possibles dont il sera l’objet.

11

En quoi la relation auteur-lecteur se distingue-t-elle de la relation entre les participants d’une situation d’énonciation?

Dans une situation d’énonciation, il y a un savoir supposé partagé dont chaque interlocuteur peut vérifier s’il est réellement partagé ou non. Cela n’est pas possible dans le cas d’une œuvre littéraire.

12

En quoi le lecteur modèle constitue-t-il un pari pour l’auteur?

Le texte se sert du lecteur modèle comme instrument de guidage qui tente d’attirer le lecteur vers les lectures qu’il souhaite le plus, mais il est confiné à une simple anticipation parce qu’il n’a pas de pouvoir de coercition et l’auteur ne peut pas prévoir la diversité des lectures effectives dont son œuvre sera l’objet.

13

Quel rôle joue le lecteur modèle dans la légitimation de certaines lectures, selon Eco?

Il y a une coopération interprétative entre le lecteur réel et l’auteur lorsque la lecture du lecteur réel suit celle du lecteur modèle. Ces lectures sont donc plus légitimes parce qu’elles sont plus proches de ce qui est souhaité par le texte.

14

Dans le modèle d’Eco, en quoi le lecteur modèle et le lecteur réel se distingue-t-ils?

Le lecteur modèle est purement textuel, tandis que le lecteur réel est un être empirique qui accomplit la lecture proprement dite. Le lecteur modèle est un instrument qui constitue un paradigme interprétatif suggéré au lecteur réel, mais qui ne peut être imposé.

15

Quels types de stratégies constituent-elles le lecteur modèle?

(1) Les indications explicites dans le texte ou le paratexte, (2) les décisions d’écriture concernant le vocabulaire, le style, l’intrigue, les modes de narration, etc. et (3) par le narrataire lorsque celui-ci se superpose au lecteur modèle.

16

Le lecteur modèle est-il différent du lecteur idéal?

Oui. Le lecteur modèle peut être un lecteur qui se trompe (par exemple dans le roman policier), car il ne voit pas nécessairement tous les engrenages du texte, contrairement au lecteur idéal, qui lui, voit tout.

17

Le texte peut-il prévoir plus d’un lecteur modèle?

Oui. Il y a plusieurs avenues interprétatives que le lecteur peut emprunter et qui sont suggérées par le texte, la plupart du temps. Cela tient de l’ouverture du texte.

18

Qu’est-ce qui distingue l’utilisation des textes de leur interprétation, selon Eco?

Le lecteur modèle est l’instrument qui permet de baliser les interprétations. Toute interprétation qui sort sciemment des limites du lecteur modèle constitue une utilisation. Elle n’est pas toujours volontaire, mais elle part souvent d’une prémisse de lecture qui en détourne le sens. Les utilisations forcent un plus grand degré d’ouverture au texte.

19

Est-ce à dire que, au sens d’Eco, il y a dépendance des potentialités du texte envers l’intention de son auteur?

Non. Le lecteur modèle n’est pas souvent établi sur un mode conscient, il est une abstraction nécessaire au fonctionnement de tout texte. Il y a une intention du texte en lui-même qui prime sur l’intention de l’auteur.

20

Quelles faiblesses peut-on remarquer dans l’argumentaire d’Eco?

(1) Les exemples exploités par Eco pour tracer la fine ligne qui départage les interprétations légitimes des utilisations ne sont pas éclairants car ils explorent des cas limites sur un mode de surface qui ne fait pas surgir de consigne claire pour établir la limite des interprétations légitimes. (2) Pour Eco, les lectures résistantes sont nécessairement des utilisations.

21

Y a-t-il un ou plusieurs lecteurs modèles dans The Eyre Affair de Jasper Fforde?

On peut dégager facilement deux lecteurs modèles. Le premier est celui qui connaît (assez bien) Jane Eyre et qui voit tout de suite le procédé en place concernant la fin de l’histoire. Le second est celui qui ne connaît pas Jane Eyre et qui aborde le livre par tâtonnements sans savoir quelle version est la « vraie ».