Place de la sage-femme dans l'histoire de la naissance Flashcards Preview

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Flashcards in Place de la sage-femme dans l'histoire de la naissance Deck (22):
1

Comment l'accouchement était-il vu avant les premières civilisations?

Les sages-femmes et la maternité ont toujours été indissociables. La fécondité des femmes s'est trouvée au sein de multiples croyances, étant détentrices du pouvoir mystérieux d'engendrer; cela a donné lieu à des cultes s'étendant à la nature entière (Mère Nature).

2

Qu'est-ce que "sage-femme" signifie?

Sage: qui sait attendre, écouter, qui est expert, habile dans son art.
Femme: désigne la femme enceinte, et non le professionnel.

3

Qu'est-ce que la parturition?

Il s'agit de la mise au monde d'une progéniture, chez les vivipares.

4

Quelle est l'influence de la bipédie sur la parturition?

Les préhominiens se sont adaptés à la station debout. Voir schéma.

5

Comment se déroulait la naissance en Égypte antique?

Le savoir médical (gynécologie et obstétrique) était détenu par des sages-femmes prêtresses ou mères divines. Les accouchements se déroulaient au domicile de la femme ou dans des pavillons de naissance, où la parturiente était accompagnée de plusieurs sages-femmes. Aucun homme ne pouvait assister au processus.

6

Que dire de la maïeutique en Grèce antique?

La médecine était approchée de manière plus scientifique, bien que des pratiques théurgiques étaient toujours employées. Les sages-femmes participèrent au progrès médical; elles savaient observer les symptômes et leur évolution, établir un diagnostic, ainsi que prescrire le traitement approprié et reconnaître le danger de certaines méthodes.
Maïa était la déesse de la fécondité --> origine du mot maïeutique.

7

Que dire de Socrate par rapport à l'obstétrique?

Socrate s'enorgueillissait d'être le fils d'une très vaillante et vénérable sage-femme athénienne, Phénarété. Il comparait sa doctrine philosophique à l'art des accouchements. Il en a même fait une technique du dialogue (accoucher de ce que savent ses interlocuteurs).

8

Quelles sont des sages-femmes grecques célèbres?

- Aspasie: témoigne d'un réel progrès de l'art obstétrical en son temps
- Maïa: Galien cite quelques-unes de ses prescriptions dans ses écrits
- Salpe: Pline se réfère souvent à ses prescriptions médicales et obstétricales dans son "Histoire naturelle"
- Sotira: a vécu à la période gréco-latine; "Gynaecia"

9

Que dire des sages-femmes chez les hébreux?

Seules les sages-femmes pouvaient soigner les femmes; il était interdit aux maris de le faire (les sages-femmes étant des femmes plus évoluées, dotées d'une exceptionnelle considération, et étant issues de classes privilégiées). Elles étaient organisées en corporation. On parle d'"industrie obstétricale".

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Que dire des sages-femmes et de l'obstétrique à l'époque romaine?

La médecine était exercée par des praticiens d'origine grecque. Les sages-femmes romaines s'appelaient "Medicae", tandis que les sages-femmes grecques étaient intégrées à la corporation des "Nobilitas obstetricium". Instruites, leur responsabilité était étendue. Des collèges médicaux ont été fondés (École de Salerne par exemple).
Rome s'inscrivait dans dans une perspective prométhéenne "humaniste", rompant ainsi avec la pensée grecque. Elle a beaucoup profité des travaux anatomo-physiologiques de l'École d'Alexandrie.
Soranos d'Éphèse (IIème siècle) jette les bases de l'obstétrique dans "Maladie des femmes".

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Que dire de sages-femmes au Moyen-Âge?

Trotula, célèbre sage-femme de l'École de Salerne, a rédigé des ouvrages sur les maladies des femmes avant, pendant et après l'accouchement et leur traitement, ainsi que sur la composition des médicaments.

12

Que dire de l'obstétrique à la fin du Ier millénaire et au Moyen-Âge?

Des grandes écoles médicales à Salerne, à Bologne, ainsi qu'à Montpellier. Les pratiques des sages-femmes, peu connues (en l'absence d'écrits), sont suspectées et diabolisées, aboutissant à leur persécution jusqu'au XVIIème siècle.
L'art obstétrical stagne. Dès le Vème siècle, les monastères enseignent les rudiments de la médecine et de l'apothicairerie.
Au XIIème siècle, l'enseignement est réservé aux hommes.
L'Église contrôle les activités féminines. Au XIVème siècle, les sages-femmes sont sélectionnées, accréditées et rémunérées pour expertise à caractère médico-légales mais sont exclues de la médecine et de la chirurgie. Au XVème siècle, un corps de métier médical est créé; les sages-femmes sont appelées "matrones" ou "ventrières".
L'accouchement se fait en position variable, au domicile de la personne. Deux astrologues consultent le firmament au cours de l'accouchement.

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Que dire de l'obstétrique durant la Renaissance?

Les anatomistes y contribuent de plus en plus. Le premier traité d'obstétrique et de puériculture paraît en 1513 à Strasbourg.
Peu de sages-femmes, de médecines et de chirurgiens sont présents dans les provinces françaises. Une minorité de sages-femmes urbaines sont formées dans les capitales européennes et quelques grandes villes.

14

Que dire de la formation des sages-femmes aux XVIIème-XVIIIème siècles?

En 1630, quelques apprentis sont acceptées à la Maternité de l'Hôtel-Dieu, fonctionnant grâce à une maîtresse sage-femme à grande responsabilité médicale. Cet enseignement est de réputation internationale; cependant, les sages-femmes manquent dans les provinces.
En 1735, le procureur général se plaint de la pénurie de sages-femmes.

15

Qui était Madame Bougeois?

C'était la sage-femme de Marie de Médicis. En 1609, elle publia un traité d'obstétrique imprégné de la théorie des humeurs; il s'agit de la première sage-femme française à publier un ouvrage d'art des accouchements et à avoir su observer et chercher une thérapeutique et des techniques afin de soulager les parturientes.

16

Que dire de l'obstétrique au XVIIIème siècle?

Les matrones sont désignées par délibération entre les femmes du village. Le curé fixe le montant des redevances. Aucun titre ni le moindre rudiment de connaissances médicales n'était requis.
Angélique du Coudray, donne des cours gratuits d'obstétrique dans les provinces françaises, dès 1754, à l'aide d'un mannequin.

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Que dire de l'obstétrique post-révolutionnaire?

Des instruments médicaux sont inventés (intro-pelvimètre pour dilater le vagin et examiner le col; stéthoscope pour écouter les battements cardiaques du foetus) et des découvertes anatomiques arrivent (causes de certains types d'hémorragies, des fausses couches et des maladies du placenta et de l'utérus).
Les médecins et sages-femmes sont mieux instruits à la ville qu'à la campagne. La Révolution supprime les corporations, permettant la liberté professionnelle. En 1803, les professions de médecins et de chirurgiens sont réunies, et de nombreuses régulations sont mises en place. Des maisons d'accouchement sont créées. Les sages-femmes sont formées sous la direction d'une maîtresse sage-femme. En 1806, Napoléon crée la chaire d'obstétrique.
On assiste à l'apparition des premiers accoucheurs masculins (le chirurgien n'étant jusqu'alors que le subalterne du médecin).
En 1892, la loi fixe les conditions d'exercice de la médecine, de l'art dentaire et de la profession de sage-femme. Vague, elle ne comporte aucune définition de leurs attributions respectives.

18

Qui était Madame Boivin?

Madame Boivin était une sage-femme célèbre du XIXème siècle, qui a écrit des manuels médicaux traduits dans plusieurs langues et utilisés par de nombreux praticiens du XIXème siècle. Elle reçoit l'ordre du Mérite civil de Prusse en 1814, et un doctorat en médecine honoris causa de l'Université de Marbourg en Allemagne.

19

Qui était Madame Lachapelle?

Madame Lachapelle était une sage-femme du XIXème siècle ayant analysé avec précision le pratique obstétricale (elle a enseigné l'utilisation du forceps, malgré l'interdiction aux femmes de pratiquer la chirurgie). En 1819, elle publie ses observations dans l'"Annuaire médico-chirurgical". Son enseignement, donnant une importance fondamentale à l'observation et à la pratique, est exposé selon un plan didactique basé sur l'analyse anatomo-clinique (description des observations, énumération des symptômes, diagnostic, recherche des causes, pronostic et indications de traitement); les cas cliniques sont présentés, permettant de mieux comprendre la théorie et de discuter les cas difficiles; un système de questions-réponses pour tester les étudiants est également présent; les principes d'enseignement sont donc très modernes.
En 1820, son neveu Antoine Diges fait paraître sous le nom de Mme Lachapelle "Pratique des accouchements".

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Que dire de la maternité au XXème siècle?

L'accouchement n'est plus une affaire domestique (en 1930, on encourage les femmes à accoucher à la maternité, et non plus à domicile). Les taux de mortalité maternelle et infantile, très élevés auparavant, ne le sont plus.
Une prime est octroyée lors de chaque examen prénatal. La Protection Maternelle et Infantile (PMI) assure la surveillance de la fréquentation des consultations. L'accouchement devient un acte technique hospitalier et non plus un acte d'entraide et d'assistance.

21

Que dire de la maternité au XXIème siècle?

99% des accouchements ont lieu à l'hôpital (dont plus de 20% de césariennes; 75% des femmes sont assistées d'une anesthésie).
Mais la conception de la maternité n'est plus en accord avec le principe médical du respect de la physiologie et du bien-être (césariennes, anesthésies, épistomies, position en décubitus dorsal, violences inutiles envers les bébés...).

22

Que dire des sages-femmes au XXIème siècle?

Les sages-femmes poursuivent une vie adaptée mais active. Professionnelles de la naissance, gardiennes de l'eutocie, elles sont présentes auprès de la femme jusqu'à la mise au monde. Elles sont riches d'un réel bagage scientifique; elles savent ainsi prévoir la plupart des situations pathologiques et diriger les patientes vers des médecins spécialistes.