Politique de stabilité financière Flashcards

1
Q

Désintermédiation

A

Diminution du rôle des intermédiaires au profit des transactions directes entre clients et fournisseurs, entre investisseurs et débiteurs.

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2
Q

Fond propre

A

Capitaux au passif du bilan et appartenant aux actionnaires

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3
Q

Coussin contracyclique

A

Défini comme une surcharge en fonds propres, il a pour objectif de « protéger le système bancaire des pertes potentielles liées à l’exacerbation d’un risque systémique cyclique […] soutenant ainsi l’offre durable de crédit à l’économie réelle pendant tout le cycle financier » (Comité européen du risque systémique (CERS)).

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4
Q

Créance

A

Droit en vertu duquel une personne (créancier) peut exiger qqch., une somme d’argent de qqn.

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5
Q

Crédit

A

Opération qui consiste pour un prêteur ou créancier à mettre à disposition d’un emprunteur ou débiteur, une certaine somme d’argent moyennant un engagement de remboursement à une date déterminée à l’avance.

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6
Q

Subprime

A

Etaient des prêts hypothécaire à haut risque, consentis pour une acquisition immobilière (souvent, le logement de l’emprunteur), à des personnes dont les ressources financières étaient très faibles

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7
Q

Mimétisme

A

Imitation involontaire ; fait de se conformer à qqn d’autre.

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8
Q

Panique bancaire (bank run)

A

Phénomène, souvent auto-réalisateur, dans lequel un grand nombre de clients d’une banque craignent qu’elle ne devienne insolvable et en retirent leurs dépôts le plus vite possible. Les clients d’une banque solvable peuvent anticiper la contagion d’un autre établissement de crédit alors même que le bilan de leur banque est solide (biais émotionnel et cognitif).

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9
Q

Aléa moral

A

Situation d’asymétrie d’information où un parti n’observe pas parfaitement les actions entreprises par l’autre parti. Un effet pervers qui peut apparaître dans ce type de situations est qu’un agent, isolé d’un risque, se comporte autrement que s’il était totalement lui-même exposé au risque

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10
Q

Sélection adverse

A

Phénomène causé par l’Asymétrie d’information entre un acheteur moins bien informé qu’un vendeur sur les qualités de l’actif négocié et qui conduit de ce fait l’acheteur à surpayer l’actif

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11
Q

Cycle financier

A

Charles Kindleberger (1910-2003), historien économique américain constate l’existence de cycles dans la sphère financière en s’appuyant sur l’étude des grandes crises de l’Histoire.

Selon lui, un cycle financier se décompose en cinq phases :
1. l’essor,
2. l’euphorie,
3. le paroxysme et le retournement,
4. le reflux et l’instauration du pessimisme
5. la déflation de la dette et la restructuration des bilans.

Il est possible de rapprocher cette théorie avec le déroulement de la crise financière de 2007.

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12
Q

Quels faits stylisés montrent que des évolutions réglementaires entrainent l’essor de la finance désintermédiée ?

A
  • Les années 1980 marquent le début d’une période de décloisonnement, de déréglementation et de désintermédiation de la finance mondiale (Bourguinat, 1987).
  • En France, la création du MATIF (1986) puis du MONEP (marché d’options négociables, 1987) et du CAC 40 (1988) fait de Paris une place financière conséquente.
  • 1. Le volume sur le marché actions a été multiplié par trente en trente ans. 2. Le taux d’intermédiation qui atteignait entre 70 et 80 % dans les années 1970, s’élève à 40 % durant les années 2000.
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13
Q

Quels faits stylisés montrent que la financiarisation actuelle n’implique pas nécessairement un meilleur financement des entreprises ou de l’économie ?

A
  • Le crédit aurait connu une croissance de 10 à 15 % par an entre les années 1990 et 2007, contre une croissance réelle du PIB de 2 à 3 % dans les économies avancées.
  • L’excessif endettement, sous différentes formes actuellement, menace la stabilité financière et, partant, la croissance économique.
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14
Q

Quels faits stylisés montrent que la France a historiquement fait le choix du modèle bancaire universel, soutenant la place financière de Paris ?

A
  • Les réformes Debré-Haberer de 1967, qui entraînent le secteur bancaire français vers le modèle universel
  • Les priorités actuelles, qui visent à promouvoir la place de Paris comme pionnière en matière de finance durable (notamment via le soutien au marché des obligations vertes) ainsi que l’accès au marché chinois et à sa devise (RMB).
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15
Q

Quel fait stylisé montre que la régulation financière progresse sans toutefois couvrir l’ensemble des risques ?

A

Les accords de Bâle I et II instaurent une exigence de fonds propres, sans toutefois contrôler le hors-bilan.

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16
Q

Quel fait stylisé montre que la hausse de l’endettement privé est structurellement liée au modèle de croissance américain ?

A
  • L’endettement des ménages qui représentait 60 % de leur revenu disponible brut en 1970 a atteint 130 % de celui-ci en 2007.
  • Cette hausse a en même soutenu l’activité mais a constitué une accumulation de risques.
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17
Q

Quel travail en économie met en avant les déséquilibres du système monétaire et financier international comme facteur explicatif de la crise financière ?

A

Taylor (2012) établit une corrélation entre la présence de déséquilibres importants des transactions courantes entre les principales économies et la fréquence des crises financières depuis 1913.

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18
Q

Quel schéma (vis-à-vis des cours de l’immobilier) la crise des subprimes a-t-elle suivi ?

A

Selon Reinhart et Rogoff (2011), la crise des subprimes a suivi le schéma d’une appréciation rapide des cours de l’immobilier suivi d’un effondrement lié à l’incapacité des agents économiques à honorer leurs échéances de dettes, les prêts étant le plus souvent contractés à taux variables.

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19
Q

Quel fait stylisé montre que la titrisation non maitrisée a accentué les vulnérabilités du système financier américain ?

A
  • Aglietta (2008) explique pourquoi la titrisation a joué un rôle déterminant dans la crise financière. Il montre notamment que la titrisation a conduit à une baisse de l’aversion au risque des prêteurs.
  • Elle est manifeste dans la chute du taux de refus de la part des créditeurs. Le nombre de prêts hypothécaires acceptés a été multiplié par deux entre 1995 et 2006.
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20
Q

Quel fait stylisé montre que la crise financière puis bancaire résulte de l’effondrement de la bulle immobilière ?

A
  • La hausse progressive des taux directeurs de la Réserve fédérale à partir de 2005 précipite les défauts sur les crédits
  • Les emprunteurs les moins sûrs font défaut sur leurs crédits subprimes, souvent variables, ce qui provoque l’éclatement de la bulle immobilière américaine.
  • Le marché des crédits subprimes, dont le volume total a dépassé 650 Md USD en 2006, contre moins de 200 Md USD en 2002, est particulièrement affecté.
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21
Q

Quel fait stylisé montre qu’après la chute de la banque Lehman Brothers, les plans de recapitalisation du secteur bancaire ont limité la matérialisation du risque systémique ?

A
  • Les pouvoirs publics se mobilisent face au risque d’insolvabilité en apportant des garanties au financement des établissements de crédit.
  • Ce montant atteint 1 020 Md USD en zone euro à 5 (Allemagne, France, Italie, Espagne et Pays-Bas) selon Plane et Pujals (2009), via par exemple la Société des Participations Publiques de l’État (SPPE) en France.
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22
Q

Quel fait stylisé montre que la supervision défaillante du shadow banking est particulièrement mis en cause dans l’aggravation de la crise par les défaillances du système américain de régulation et de notation financière ?

A
  • Jusqu’à la crise financière, le système financier non bancaire (shadow banking system) fait l’objet d’une réglementation faible.
  • La taille du shadow banking system est évaluée entre 25 % et 30 % du total du système financier par le FMI.

——–*
Le shadow banking fait partie du secteur financier non-bancaire, il peut s’opérer par des activités hors-bilans. Les établissements de crédit y ont recours pour échapper à leurs obligations prudentielles. Toutefois, ces instruments n’ont pas de garanties contrairement aux dépôts bancaires classiques.

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23
Q

Quel fait stylisé montre que les dysfonctionnements du système de notation accroissent les vulnérabilités en réduisant la perception du risque ?

A
  • En 2007, seuls 22 % des analystes de Moody’s travaillant sur les titres souverains ont une ancienneté supérieure à 5 ans.
  • Leurs notations, avant et après la crise financière, ont été défaillantes. Par exemple, entre 2009 et 2013, Moody’s a dégradé la note de la Grèce de 9 crans alors que sa note était restée identique entre 2003 et 2009.
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24
Q

Quel fait stylisé montre que les créances improductives ont pesé durablement sur la capacité de prêt des banques ?

A

Les crédits improductifs sur les actifs totaux des banques de la zone euro s’élève à 3,4 % en 2019 (BCE).

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25
Q

Quel fait stylisé montre que la fragilité du système bancaire italien a constitué un risque pour la stabilité financière de la zone euro ?

A

Les créances douteuses s’élevaient fin 2018 à 3649 Md€ (montant brut), soit 17 % du total des crédits.

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26
Q

Quel est le principal risque actuel pour la stabilité financière mondiale ?

A
  • La forte hausse de la dette du secteur privé observée dans plusieurs économies de marché émergentes
  • En Chine, une étude de 2017 de la Banque de France montre que l’endettement du secteur non financier (entreprises, ménages et gouvernement) atteint 256 % du PIB en 2016 contre 143 % en 2006.
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27
Q

De quoi résulte la crise financière liée à la Covid-19 ?

A

La crise résulte d’un revirement brutal de la préférence pour la liquidité des agents économiques qui génèrent un épisode d’extrême volatilité sur l’ensemble des marchés financiers.

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28
Q

Pendant la crise de la Covid-19, qu’est-ce qui a permis de rétablir des conditions de financement pérennes ?

A
  • La réaction des banques centrales, massivement intervenues pour fournir des liquidités via différents types d’outils : opérations de refinancement en Europe
  • et des régulateurs (en utilisant les flexibilités offertes par le cadre réglementaire mis en place depuis 2008, et en adaptant la supervision à ce nouvel environnement)
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29
Q

Sur quoi repose l’idée de la complétude des marchés financiers (théorie classique)? Pourquoi justifie-t-elle la déréglementation?

A
  • elle repose sur l’hypothèse que les prix synthétisent de manière parfaite les fondamentaux attachés à un actif.
  • la déréglementation est ainsi justifiée car elle permet d’améliorer l’allocation du capital et donc d’augmenter sa productivité marginale.
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30
Q

Selon Fell et Schinasi (2005), quelles sont les 3 conditions de la stabilité financière ?

A
  • Le système doit être capable de transférer des ressources de manière efficace et régulière des épargnants vers les investisseurs,
  • Les risques financiers doivent être évalués et valorisés de manière suffisamment précise et ainsi être bien gérés,
  • Un évènement affectant un segment des marchés financiers ou un intermédiaire financier ne doit pas être de nature à empêcher, de manière systématique, le financement direct et indirect de l’économie.
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31
Q

Selon Kindleberger, 1986, pourquoi la stabilité financière est un bien public mondial non rival et non exclusif ?

A

Bien non rival puisque tous les agents économiques bénéficient de la stabilité du système financier et que le bénéfice de cette stabilité par un agent n’empêche pas les autres d’en bénéficier ;

non exclusif car les agents engagés dans son maintien ne peuvent exclure de son bénéfice les agents qui refusent d’en payer le prix.

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32
Q

Selon Borio (2013), qu’est-ce qui constitue historiquement un risque de vulnérabilité financière ?

A

L’élévation du taux d’endettement public, privé et parallèle constitue historiquement un risque important de vulnérabilité financière

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33
Q

Selon Pagano (1993), quels sont les effets positifs attendu de la déréglementation sur la croissance à long terme ?

A

Les effets positifs attendu de la déréglementation sur la croissance à long terme sont les suivants :
1 - La suppression de l’encadrement de la mobilité du capital permet d’améliorer son allocation et donc d’augmenter sa productivité marginale.
2 - Le coût de financement est réduit par la suppression des coûts administratifs.
3 - La hausse de la rémunération de l’épargne issue de son allocation efficace peut entraîner ne nouvelle hausse du taux d’épargne.

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34
Q

Selon Blanchard et Watson (1982), comment se fondent les anticipations des acteurs du marché ?

A

les anticipations des acteurs du marché se fondent sur les anticipations des autres agents. Tant que les agents anticipent que les autres agents continuent de pousser le prix à la hausse, il est rationnel de suivre les évolutions du marché.

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35
Q

Qu’est-ce que le “concours de beauté” selon Keynes (1936) ?

A

Signifie que les acteurs ne se déterminent plus à partir de l’écart aux fondamentaux, mais simplement à partir des autres acteurs de marché.

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36
Q

Selon Kahneman et al. (1979), comment la rationalité des acteurs est-elle remise en cause par la finance comportementale ?

A

Il existe des biais qui affectent le comportement des acteurs :
- biais cognitifs (liés à la compréhension, à la mémoire) ;
- Biais émotionnels (peur, envie, mimétisme) ;
- Biais liés aux automatismes (réflexes, habitudes).

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37
Q

Comment M. Carney (2015) réfute-t-il l’hypothèse d’efficience des marchés ?

A

ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre va même jusqu’à affirmer que les décideurs « ont été capturés par le mythe selon lequel la finance peut s’autoréguler et s’autocorriger spontanément ». Il ajoute que « les marchés ne s’équilibrent que dans les manuels. Dans la réalité les gens sont irrationnels, les économies sont imparfaites et l’état de la nature lui-même ne peut être connu ».

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38
Q

Quelles sont les crises bancaires les plus coûteuse pour l’économie selon le FMI (2003) ?

A

les crises bancaires issues de l’éclatement d’une bulle immobilière sont quant à elles les plus coûteuses pour l’économie dans son ensemble.

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39
Q

Quel lien entre politique monétaire et stabilité financière, selon Illing (2010) ?

A

Le cycle financier est particulièrement impacté par la politique monétaire, en particulier via le canal de la prise de risque.

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40
Q

Sur quoi repose l’idée de la complétude des marchés financiers (théorie classique)? Pourquoi justifie-t-elle la déréglementation?

A
  • elle repose sur l’hypothèse que les prix synthétisent de manière parfaite les fondamentaux attachés à un actif.
  • la déréglementation est ainsi justifiée car elle permet d’améliorer l’allocation du capital et donc d’augmenter sa productivité marginale.
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41
Q

Quels sont les contre-arguments à l’hypothèse d’efficience des marchés financiers ?

A
  • Les agents fondent leurs anticipations sur celle des autres agents (mimétisme) (Blanchard & Watson 1982)
  • Les agents ne sont pas rationnels (Kahneman,1979)
  • Il existe des asymétries d’information qui conduisent à des aléas moraux et à des sélections adverses
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42
Q

Quels sont les trois fondements théoriques à l’émergence de risque systémique ? Dans ce cadre, quelles sont les trois causes principales dont peut provenir le risque (qui affectent la préférence pour la liquidité) ?

A

Un risque systémique peut émerger :
- de l’incomplétude des marchés (mauvaise évaluation des risques notamment)
- de l’incertitude radicale (les déséquilibres, par nature, sont imprévisibles)
- des externalités de marché (ex : divergence entre valorisation d’un actif et sa valeur fondamentale)

La préférence pour la liquidité peut ainsi venir :
- D’une défaillance interne au marché (ex : infrastructure)
- D’un choc externe (choc immobilier)
- D’une mauvaise allocation des ressources entrainant une réallocation

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43
Q

Comment la contagion de l’économie réelle par l’instabilité financière est amplifiée par le rationnement du crédit (“crédit crunch”) ?

A
  • L’instabilité financière provoque une préférence des agents pour la liquidité
  • Cette préférence pour la liquidité place les banques en difficulté (elles ne peuvent plus prêter, leur coût de financement augmente)
  • Plutôt que d’augmenter le coût du crédit, les banques privilégient la restriction par les quantités en n’offrent plus qu’un montant limité de liquidités
  • Par conséquent, les agents réduisent leurs projets d’investissement, l’activité économique ralentit
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44
Q

Quels sont les trois types de crises financières ?

A
  • La crise de change: surévaluation de la monnaie provocant une insolvabilité de l’Etat
  • La crise bancaire systémique: une grande banque ne peut faire face à ses engagements
  • La crise de la dette souveraine: un Etat ne peut faire face à ses engagements financiers
45
Q

Quels sont les effets de l’intervention des banques centrales sur la stabilité financière et comment cela peut-il entrer en contradiction avec la politique macroprudentielle?

A

L’intervention des banques centrales peut avoir des effets ambivalents sur la stabilité financière. Bien qu’elles agissent pour protéger les institutions financières systémiques, cette protection peut créer un aléa moral, en particulier avec les banques “Too Big To Fail”. Cela peut conduire les banques à ne pas surveiller rigoureusement leur exposition aux risques, comptant sur la garantie publique.

46
Q

Qu’est-ce que l’indice Herfindhal-Hirschmann et que révèle-t-il dans le contexte bancaire?

A

L’indice Herfindhal-Hirschmann (IHH) est un indice de mesure de la concentration économique. Dans le secteur bancaire, il montre une tendance à la concentration, avec une augmentation de la part des cinq principales banques dans les mille plus grandes, de 8 % en 1998 à 16 % en 2009.

47
Q

Comment le “filet de sécurité public” contribue-t-il à l’aléa moral dans le secteur bancaire?

A

Le filet de sécurité public, qui comprend une assurance de liquidité par la banque centrale, une assurance sur les dépôts et une assurance en capital, tend à subventionner la prise de risque par les banques, sachant qu’elles ont une garantie publique en cas de difficultés, ce qui renforce l’aléa moral.

48
Q

Qu’est-ce que “l’ambiguïté constructive” pratiquée par les banques centrales et les gouvernements et quel est son but?

A

L’ambiguïté constructive est la pratique où les banques centrales et les gouvernements maintiennent une certaine incertitude sur leur intervention en cas de crise financière. Le but est de limiter les effets négatifs liés à l’aléa moral en ne garantissant pas explicitement le sauvetage des banques.

49
Q

Quel est le problème de l’incohérence temporelle en ce qui concerne le rôle de prêteur en dernier ressort de la banque centrale?

A

Le problème de l’incohérence temporelle survient lorsque les autorités publiques déclarent, ex ante, ne pas vouloir sauver les banques systémiques, mais se retrouvent, ex post, contraintes de le faire en cas de crise pour éviter des conséquences plus graves, comme ce fut le cas lors de la faillite de Lehman Brothers.

50
Q

En quoi la politique monétaire peut-elle se retrouver en conflit d’objectifs et quel principe certains économistes proposent-ils pour résoudre ce problème?

A

La politique monétaire peut entrer en conflit d’objectifs lorsqu’elle cherche à atteindre la stabilité des prix, la lutte contre le chômage et la croissance, tout en maintenant la stabilité financière. Le principe de Tinbergen suggère qu’il faut autant d’instruments de politique économique que d’objectifs, ce qui justifie, selon certains économistes, le principe de séparation des instruments de politique monétaire et de politique macroprudentielle.

51
Q

Quelle est la différence entre les outils structurels et cycliques en politique macroprudentielle?

A

Les outils structurels en politique macroprudentielle, tels que les mesures en limites d’exposition comme le loan-to-income ratio et la surcharge en capital pour les G-SIBs, sont distingués des outils cycliques, comme le coussin contra-cyclique, qui sont ajustés en fonction du cycle économique pour modérer la prise de risque et soutenir la reprise de l’investissement.

52
Q

Quelles leçons peut-on tirer de l’utilisation des mesures macroprudentielles selon les retours d’expérience et les études empiriques?

A

Les retours d’expérience et études empiriques indiquent que les mesures macroprudentielles ont été appliquées avec une certaine efficacité, en particulier sur le marché immobilier dans les économies avancées. Elles ont permis de ralentir l’offre de crédit et ont influencé la dynamique des prix sur le marché immobilier. Toutefois, des interrogations demeurent sur l’activation des leviers macroprudentiels, leur niveau optimal et la vitesse de leur ajustement.

53
Q

Quel est le rôle du G20 dans la régulation financière internationale?

A

Le G20 fournit le cadre conceptuel et politique pour la réglementation financière internationale, ayant pris des initiatives clés après la crise de 2008-2009, telles que l’encadrement des agences de notation et la transparence des marchés de produits dérivés.

54
Q

Quelles mesures de régulation financière ont été mises en place suite au sommet de Londres en avril 2009?

A

Des réglementations concernant les agences de notation ont été adoptées, incluant un système d’agrément, la limitation des conflits d’intérêts et des mesures de transparence, renforçant également les pouvoirs des autorités nationales (en France : AMF).

55
Q

Quelles mesures de régulation financière ont été mises en place suite au sommet de Pittsburg en 2009?

A

Normes sur la rémunération des professionnels de marché :
- interdiction des bonus garantis, contrôlé par l’ACPR
- amélioration de la transparence des marchés :
- Règlement UE 2012 sur les CDS, créant une chambre de compensation en France. Mis en œuvre par l’AMF.
- Règlement UE 2010 sur ventes à découvert. Mis en œuvre par l’AMF.

56
Q

Quel est le but des réformes de Bâle III par rapport aux établissements de crédit?

A

Les réformes de Bâle III visent à renforcer les règles microprudentielles et à élaborer de nouvelles règles macroprudentielles pour améliorer la solvabilité des établissements de crédit et la résilience du système financier.

57
Q

Qu’est-ce qui a été renforcé dans le premier pilier de Bâle III? Comment les ratios de fonds propres ont-ils été modifiés sous Bâle III?

A
  • Le premier pilier de Bâle III renforce les ratios de fonds propres en prenant en compte le risque de crédit, le risque de marché et le risque opérationnel, exigeant des entités de crédit de se doter de plus de capital de meilleure qualité et plus transparent.
  • Le ratio Common Equity Tier-One (CET1) est passé de 3,5 % à 4,5 % et le ratio Additional Tier-One (AT1) de 4,5 % à 6 % des actifs pondérés des risques entre 2013 et 2019, avec un ratio minimal total de fonds propres fixé à 8 % dès 2013.
  • Un volant de conservation de fonds propres additionnel (AT2) est ajouté en 2016. Son montant atteindra 2,5 % des actifs pondérés des risques en 2019. Il est créé en plus de l’exigence minimale de fonds propres réglementaires et prévoit l’absorption des pertes en liquidation. Les distributions discrétionnaires – dividendes notamment – feront par exemple l’objet de restrictions quand le niveau de fonds propre d’une banque s’inscrira à l’intérieur de cette fourchette.
58
Q

Comment Bâle III adresse-t-il les banques d’importance systémique?

A

Elles sont soumises à des règles spécifiques et doivent disposer de capacités d’absorption des pertes supérieures aux normes minimales, incluant des exigences particulières sur le Tier-One.

59
Q

Quelle est la fonction du volant contra-cyclique de Bâle III?

A

Il vise à adapter les exigences de fonds propres des banques à l’environnement macrofinancier, pouvant être activé lorsque la croissance excessive du crédit est liée à une accumulation de risques systémiques (0 à 2,5% des actifs pondérés du risque).

60
Q

Quel est le but du ratio de levier établi par Bâle III?

A

Il vise à limiter l’effet de levier excessif dans le système bancaire pour atténuer les pressions baissières sur les prix des actifs durant les crises.

61
Q

Quels sont les deux ratios de liquidité introduits par Bâle III?

A

Le Liquidity Coverage Ratio (LCR) et le Net Stable Funding Ratio (NSFR) sont destinés à améliorer la gestion du risque de liquidité, en exigeant des banques qu’elles détiennent suffisamment d’actifs liquides de haute qualité pour des périodes de stress financier.

LCR : actifs liquides de haute qualité/ engagement à 30 jours > 100 %
NSFR : ressources stables à un an/engagement à un an > 100 %

62
Q

Qu’est-ce que le paquet CRD IV/CRR et quel est son objectif principal?

A

Le paquet CRD IV/CRR est l’ensemble des directives et règlements qui transposent les accords de Bâle III en droit européen. Son objectif principal est de renforcer la réglementation bancaire en

  • harmonisant les conditions d’agrément des établissements de crédit,
  • en régulant les rémunérations,
  • en étendant les exigences de gouvernance et de contrôle interne
  • et en établissant des dispositions pour les coussins macroprudentiels.
63
Q

Comment le CRR détermine-t-il le niveau des fonds propres pour les banques européennes?

A

Le CRR définit les fonds propres de base (CET 1) à un minimum de 4,5 % du total des risques pondérés, les fonds propres supplémentaires (AT 1) à 1,5 %, formant un coussin tier one d’au moins 6 %. Ensuite, il ajoute un tier 2 pour atteindre un total de 8 % de fonds propres.

64
Q

Quel est l’impact prévu des accords de Bâle III sur la rentabilité des banques et l’économie selon la Banque des règlements internationaux et l’OCDE?

A

Selon une étude de la Banque des règlements internationaux (BRI) et McKinsey, les nouveaux ratios pourraient entraîner une augmentation des besoins en capitaux de plus de 4 700 milliards d’euros pour le secteur bancaire européen et potentiellement réduire la rentabilité des banques ainsi qu’augmenter les coûts de crédit. L’OCDE estime que l’impact macroéconomique de Bâle III pourrait être de –0,05 à –0,15 point de PIB par an en raison de la nécessité pour les banques d’élever leurs marges de crédit pour compenser la hausse de leurs coûts de financement.

65
Q

Quelle est la conclusion de Naulot concernant la “révolution de Bâle”?

A

Naulot considère que les accords de Bâle ont eu des conséquences dramatiques, dont

  • l’augmentation de l’importance des agences de notation
  • et la complexité accrue des modèles internes des banques pour le calcul de leurs ratios de fonds propres,

ce qui introduit un biais favorisant les acteurs puissants du secteur financier au détriment de l’économie réelle.

66
Q

Comment les exigences de Bâle III diffèrent-elles entre les États-Unis et l’Europe?

A

Les banques systémiques de la zone euro ont un ratio moyen de fonds propres de première catégorie (CET1) de 10,4 %, tandis que pour les banques américaines, il est de 7 %.

Cela traduit un avantage concurrentiel pour les banques américaines mais pose la question de l’efficacité de la réglementation américaine.

67
Q

Quelle est la règle mise en place aux États-Unis pour limiter les activités de négoce des banques?

A

La règle Volcker, qui fait partie de la loi Dodd-Frank, interdit aux banques l’activité de négoce pour compte propre, ainsi que le sponsoring et l’investissement dans les hedge funds et les fonds de private equity.

68
Q

Qu’est-ce que la loi “Too Big To Fail” en Suisse exige des banques?

A

La loi “Too Big To Fail” en Suisse exige un renforcement des fonds propres et la mise en place d’un volant de titres convertibles pour renforcer le bilan des filiales risquées.

69
Q

Quelles sont les propositions du règlement européen (BSR) concernant les activités bancaires de négociation?

A

Le règlement européen (BSR) propose de séparer les activités de négociation dans une entité dédiée, en plus d’interdire la négociation pour compte propre et les investissements dans les hedge funds, ciblant principalement les banques systémiques européennes et celles avec un actif total supérieur à 30 milliards d’euros.

70
Q

Quel est le but de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires de 2013 en France ?

A
  • La loi vise à séparer les activités bancaires spéculatives des activités traditionnelles pour mieux réguler le secteur et prévenir les risques systémiques.
  • Renforce les pouvoirs de sanction de l’AMF et de l’ACPR.
  • Filialisation des différentes activités.
71
Q

Qu’est-ce que le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) et quelle est sa fonction ?

A

Le HCSF est une autorité macroprudentielle chargée de prévenir les risques systémiques et d’alerter les décideurs. Il peut aussi utiliser des outils macroprudentiels. Il est instauré par la loi de séparation et de régulation des activités bancaires de 2013.

72
Q

Quelles sont les conditions imposées aux filiales d’investissement des banques en France selon la loi de séparation ? La loi de séparation bancaire française s’applique-t-elle à toutes les banques ?

A
  • Les filiales d’investissement doivent se conformer à des exigences prudentielles strictes et ne peuvent recevoir ni garantie ni refinancement intragroupe de la banque mère.
  • Non, elle se limite aux banques systémiques, à l’inverse des préconisations du rapport Vickers qui s’adressaient à tout le secteur bancaire.
73
Q

Selon la loi française, comment sont identifiées les activités de marché à isoler ? Quelle proportion des activités de la Société Générale devait être filialisée selon la loi de séparation bancaire ?

A
  • Elles sont identifiées sur le critère de leur “utilité au financement de l’économie”, maintenant ainsi les opérations nécessaires aux acteurs économiques au sein de la banque commerciale.
  • Selon M. Oudéa, PDG de la Société Générale, seulement 3 à 5 % des activités de banque de financement et d’investissement devaient être filialisées.
74
Q

Quel constat fait Naulot en 2016 concernant la réglementation des marchés d’actions ? Quels incidents illustrent les risques liés au trading à haute fréquence ? Comment le volume des produits dérivés a-t-il évolué après les réformes ?

A
  • Il observe que près de la moitié des transactions sur ces marchés échappe à toute réglementation.
  • Le “flash crash” du Dow Jones en 2010 et la faillite de l’opérateur HFT Knight Capital en 2012 sont deux exemples d’incidents liés au trading à haute fréquence.
  • Il est resté pratiquement inchangé malgré les tentatives de régulation.
75
Q

Quelle est l’exposition moyenne au levier des hedge funds britanniques selon la Financial Conduct Authority ? Quelle proportion des transactions sur les marchés des matières premières est effectuée par des acteurs financiers ? Quelle est la taille du secteur financier non bancaire à l’échelle mondiale et comment se compare-t-il au secteur bancaire ?

A
  • Elle est de 32 fois la valeur de leurs actifs.
  • Environ 80 % des transactions sont effectuées par des acteurs financiers.
  • Le secteur financier non bancaire représente plus de 150 000 milliards USD, en comparaison avec les 480 000 milliards USD du secteur financier.
76
Q

Quels sont les deux types de supervision au sein du Système européen de supervision financière (SESF) ?

A

Le SESF repose sur une supervision macroprudentielle exercée par le Comité européen du risque systémique (CERS) et une supervision microprudentielle réalisée par trois autorités européennes de surveillance (ABE, AEAPP et AEMF), en plus des autorités nationales.

77
Q

Quelle est la mission principale du Comité européen du risque systémique (CERS) ?

A

Le CERS a pour mission d’identifier et de hiérarchiser les risques systémiques, d’émettre des alertes et de publier ces alertes si nécessaire. Il élabore également des recommandations sur les mesures correctives à prendre et surveille la mise en œuvre de ses alertes et recommandations. Le CERS est présidé par la BCE.

78
Q

Qu’est-ce que le Mécanisme européen de stabilité (MES) et quel est son rôle ?

A

Le MES est une organisation financière internationale qui agit comme protection financière publique, succédant au Fonds européen de stabilité financière (FESF). Il a une capacité de prêt de 500 milliards d’euros et un capital de 700 milliards d’euros. Il intervient en faveur de la stabilité financière de la zone euro, en mobilisant des ressources sous conditionnalité stricte pour les États membres en difficulté de financement.

79
Q

De quels outils dispose le MES ?

A

Le Mécanisme européen de stabilité dispose de plusieurs outils. Il peut, à des taux d’intérêts plus faibles que sur le marché,

  • accorder des prêts à un Etat en difficulté,
  • acheter des obligations des Etats membres bénéficiaires (sur les marchés primaire et secondaire)
  • ou encore fournir des prêts pour assurer la recapitalisation d’établissements financiers tels que les banques.

Il peut également, en cas de risque d’endettement trop important, octroyer une assistance financière à titre de précaution.

80
Q

Pourquoi la capacité financière du MES pourrait-elle être considérée comme insuffisante ?

A

La capacité financière du MES est de 700 milliards d’euros, ce qui peut être insuffisant pour couvrir de grandes dettes publiques comme celles de l’Espagne ou de l’Italie qui se chiffrent respectivement à 1 600 milliards et 2 700 milliards d’euros.

81
Q

Quels sont les deux mécanismes principaux de l’Union bancaire ?

A

L’Union bancaire comprend le Mécanisme de supervision unique (MSU) pour la supervision des établissements de crédit et le Mécanisme de résolution unique (MRU) pour répondre aux faillites bancaires.

82
Q

Quel est le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) dans le Mécanisme de surveillance unique (MSU) ?

A

La BCE supervise directement les banques “significatives” de la zone euro et peut effectuer des examens prudentiels, des inspections sur place, et des enquêtes. En pratique, le contrôle est fait par des Joint Supervisory Team, qui regroupent des membres de la BCE et des autorités nationales de surveillance. Elle peut aussi octroyer ou retirer des licences bancaires et imposer des exigences en matière de fonds propres.

83
Q

Quel argument justifie la participation des banques centrales dans la supervision bancaire selon ses défenseurs ?

A

Les défenseurs de la supervision par les banques centrales argumentent que cela résout le “triangle d’incompatibilité” entre stabilité financière, supervision bancaire décentralisée et intégration financière, et prévient la “capture réglementaire” des régulateurs nationaux.

84
Q

Qu’est-ce que le Mécanisme de résolution unique (MRU) et quel est son but principal ?

A

Le MRU est le second pilier de l’Union bancaire européenne et constitue un mécanisme harmonisé de gestion des faillites bancaires, ayant pour but de prévenir la contagion des crises bancaires à la dette publique. Il implique que les actionnaires et créanciers soient mis à contribution en première ligne, avant le recours au fonds de résolution unique ou à l’aide publique.

85
Q

Qui finance le Fonds de Résolution Unique (FRU) et quelle est sa capacité financière cible ? Quel est le rôle du Conseil de Résolution Unique ?

A
  • Le FRU est financé par les contributions du secteur bancaire et vise à atteindre au moins 1 % des dépôts couverts après huit ans de montée en puissance, ce qui représenterait environ 55 milliards d’euros.
  • Le Conseil de Résolution Unique est l’entité chargée de décider des mesures de résolution à appliquer aux banques en difficulté au sein de l’Union Européenne.
86
Q

En quoi consiste la directive BRRD ?

A

La BRRD, ou Directive sur le redressement et la résolution des établissements de crédit et des entreprises d’investissement, prévoit de sauvegarder les fonctions vitales des banques en crise en faisant supporter le fardeau financier principalement aux actionnaires et créanciers, plutôt qu’aux contribuables.

87
Q

Comment l’UE cherche-t-elle à intégrer le système bancaire parallèle dans son cadre réglementaire ?

A
  • L’UE vise à réguler les acteurs du système bancaire parallèle, notamment via la Directive Fonds Européen d’Investissements de Long Terme et la régulation des fonds monétaires, ainsi que par la Directive MIFID 2 qui impose des obligations de transparence et limite les négociations de gré à gré.
  • Le règlement EMIR décline au niveau européen les engagements du G20 de Pittsburg concernant l’amélioration de la transparence et de la sécurité des marchés dérivés.
88
Q

Quelle est la principale innovation de la directive Solvabilité 2 ?

A

La directive Solvabilité 2

  • a introduit une approche économique de l’évaluation des risques au bilan
  • et a renforcé les exigences de solvabilité pour les assureurs et réassureurs,
  • visant à protéger les détenteurs de polices d’assurance et à limiter les conséquences pro-cycliques sur la stabilité financière.

Depuis la loi Sapin II, le HCSF peut interdire les retraits des fonds d’assurance-vie en euro en cas de dégradation conjoncturelle et financière, afin de protéger le secteur assurantiel.

89
Q

Quel est l’objectif du projet de taxe sur les transactions financières européennes et pourquoi n’a-t-il pas été mis en œuvre ?

A

Le projet vise à instaurer une taxe sur une large gamme de transactions financières pour limiter l’évasion fiscale et générer des revenus pour l’UE, mais il a été retardé à cause de l’opposition politique, des risques de délocalisation des places financières et de la pression des lobbies financiers.

90
Q

Quel est l’objectif du projet de taxe sur les transactions financières européennes et pourquoi n’a-t-il pas été mis en œuvre ?

A

Le projet vise à instaurer une taxe sur une large gamme de transactions financières pour limiter l’évasion fiscale et générer des revenus pour l’UE, mais il a été retardé à cause de l’opposition politique, des risques de délocalisation des places financières et de la pression des lobbies financiers.

91
Q

En quoi la mise en œuvre des accords de Bâle III est incomplète ? Quid de Bâle IV ?

A
  • Bâle III est transposé en UE, mais pas dans des économies importantes dont les EUA, la Chine ou le Mexique.
  • Bâle 4 (2017) sera mis en œuvre à partir de 2023 et prévoit de nouvelles exigences pour les groupes de taille systémique (G-SIBs) ainsi qu’une utilisation plus raisonnée des modèles internes en matière de mesure du risque.
92
Q

En quoi la régulation bancaire serait en deçà des ambitions du rapport Liikanen selon certains économistes et associations, dont certain militent pour une véritable séparation des métiers bancaires ?

A

La loi de séparation et de régulation des activités bancaires de 2013 rencontre des limites, elle ne filialise que 3 à 5 % des activités des banque de financement et d’investissement, soit moins de 1 % de leurs revenus.

Des recommandations pour améliorer les séparations bancaires peuvent être suivies comme donner la possibilité aux autorités d’imputer les pertes sur l’ensemble des apporteurs de capitaux, sans séniorisation excessive (=surprotection des créanciers les plus protégés).

93
Q

Comment approfondir la régulation bancaire face aux stratégies de neutralisation et de contournement ?

A

Le système financier reste défaillant au regard des stratégies de neutralisation et de contournement de la régulation menées par les banques.

Finance Watch propose de renforcer les liens entre le système financier et la société. Il est notamment recommandé:
- d’améliorer l’éducation des citoyens à la finance,
- de renforcer la place des associations dans les phases consultatives européennes,
- ou encore de mieux associer les citoyens aux décisions des conseils d’administration des banques.

94
Q

Quels sont les risques actuels et dans un futur proche pesant sur le système financier ?

A

Dans le contexte actuel de hausse des taux d’intérêt, les risques financiers sont :
- l’alourdissement de l’endettement public et privé
- le poids potentiel des faillites sur les bilans bancaires

95
Q

Pourquoi le traitement du risque systémique continue d’être un enjeu mondial ?

A

Des progrès restent à réaliser, notamment dans la supervision macrofinancière internationale.

Toutefois, la crise sanitaire a été une occasion de tester la qualité des stress-test faits depuis 2008. Ils ont été moins graves que la crise rencontrée, il convient alors de les durcir.

96
Q

Que recommande le rapport Levy-Garboua pour consolider le fonctionnement du système financier ?

A

La mise en place d’un cadre prudentiel proportionné pour les infrastructures de marché.

97
Q

Pourquoi le trading algorithmique ou à haute fréquence et le développement des finetechs ont vocation à être mieux régulés selon la Banque de France et l’Autorité des marchés financiers ?

A
  • Le trading haute fréquence augmente les possibilités de manipulation du marché par la multiplication des ordres dans un court laps de temps. –> L’AMF est investie dans la lutte contre les stratégies manipulatoires, elle gagnerait à amplifier ses moyens de collecte, d’analyse et de conservation de données.
  • Le développement numérique change l’équilibre du marché et son infrastructure (paiements mobiles, crowdfunding, blockchain, big data). –> Il convient donc de s’adapter à ces nouveaux équilibres, tout en encourageant le déploiement de ces technologies, qui permettent le développement financier.
98
Q

Pourquoi la régulation des acteurs du système financier non bancaire constitue une priorité ? Quelle approche adopter ?

A

L’interconnexion du système financier non-bancaire constitue un facteur amplificateur des crises (239 000 Md$ en 2021).

Un travail de récolte de données, d’évaluation de risques et des interconnexions entre acteurs peut être mené.

Tout effort de régulation doit néanmoins prendre en compte les risques de concurrence réglementaire. Pour ce faire, les transitions doivent se faire selon un calendrier harmonisé entre les zones financières.

99
Q

Que pourrait offrir le troisième pilier de l’Union bancaire, le système européen de garantie des dépôts (SEGD) ? En quoi consisterait-il ? Pourquoi il semble inaccessible à court terme ?

A
  • Il offrirait un instrument supplémentaire de stabilité financière dans l’UE.
  • Dans le cadre du SEGD, la mise en place du fonds de garantie des dépôts serait créé et financé par 0,8% du dépôt des banques, pour se substituer aux garanties nationales.
  • Il rencontre les réticences de certains EM dont l’Allemagne.
100
Q

Pourquoi le mécanisme de renflouement interne, caractéristique du Mécanisme de Résolution Unique (MRU), conçu pour dissocier la dette bancaire de la dette publique, pourrait-il se révéler inadapté et être sujet à révision dans les prochaines années ?

A

Dans le cadre du Mécanisme de Résolution Unique (MRU), les banques en difficulté financière sont tenues de faire appel à leurs actionnaires et à leurs créanciers (avec des dépôts de plus de 100 000 euros) avant que le Fonds de Résolution Unique (FRU) ne soit mobilisé.

Cependant, ce principe de renflouement interne, appelé aussi “bail-in”, peut se révéler problématique, notamment dans le contexte des États membres de l’Union européenne où la détention de titres de dette bancaire est répandue parmi les petits investisseurs. L’application stricte de ce mécanisme peut donc entraîner une perte significative de patrimoine pour ces petits porteurs (par exemple, comme ce fut le cas en Italie).

Ainsi, bien que ce mécanisme vise à protéger les finances publiques en évitant le recours au renflouement par les contribuables (“bail-out”), il doit être adapté pour éviter d’engendrer des conséquences sociales et économiques graves. Il est donc probable que ce mécanisme soit revu dans les prochaines années pour mieux prendre en compte ces enjeux.

101
Q

Comment faciliter l’harmonisation des pratiques au sein de l’Union des marchés de capitaux (UMC) en zone euro, pour favoriser la résilience du système financier européen ?

A

Le financement obligataire est réduit en Europe (30% en France, 60% aux EUA).

Un marché des obligations vertes pourrait être développé. Toutefois, des risques liés au contrôle associés à la titrisation sont à prendre en compte.

102
Q

Pourquoi, selon l’Autorité bancaire européenne (ABE), le traitement des créances improductives doit constituer une priorité pour la pérennité du système bancaire ? Comment faire ?

A

Le montant excessif des créances improductives handicape les banques européennes.

  • Un fonds de défaisance européen permettrait de les sortir du bilan des banques. Cela renforcerait leur fond propre et leur capacité à prêter.
  • Concomitamment, le MSU doit être chargé du suivi de l’exposition des banques systémiques aux créances improductives et de leurs programmes de défaisance en la matière.
  • La BCE soutient traditionnellement des approches nationales.
103
Q

Pourquoi la consolidation du système bancaire européen et la réforme de sa gouvernance seraient un atout ? Comment la mettre en place ?

A

En tendance, le système bancaire européen est surdimensionné. En raison du développement de certains monopoles (du type banque-client) et du poids des lobbys, le capital financier et humain est mal alloué dans l’économie.
Leur rentabilité est ainsi réduite de 40Md€ par an.

Des consolidations s’imposent afin de faire face à la concurrence internationale, américaine et bientôt chinoise.

La BCE recommande :
- de s’appuyer sur la transition digitale pour maîtriser les coûts internes
- de diversifier les activités selon des critères géographiques
- résoudre les difficultés liées aux créances improductives via un marché secondaire efficace

CERS, Is Europe overbanked?, 2014.

104
Q

En quoi l’introduction d’une monnaie digitale banque centrale peut constituer un outil complémentaire à même de renforcer la stabilité financière ?

A

Le recours aux monnaies digitales s’élargit en raison de leur rapidité, leur faible coût de transaction et de leur interconnexion (au Kenya, 90 % des habitants supérieurs à 14 ans paie avec M-Pesa). Toutefois, des risques pour la stabilité financière leurs sont associés : désintermédiation, monopolisation, blanchiment, financement du terrorisme, etc.

Il est donc recommandé d’introduire une monnaie numérique banque centrale pour contourner les initiatives privées. L’e-euro pourra moderniser les paiements en zones euro, tout en renforçant des principes fondamentaux : robustesse, sûreté, efficacité, respect de la vie privée et respect des lois. (BCE, rapport sur un euro numérique, 2020).

105
Q

Qu’est-ce qu’une participation qualifiée ? Que peut-on faire face à l’enjeu de la transparence et de la prévisibilité dans l’évaluation des acquisitions de participations qualifiées dans les banques ?

A

Une “participation qualifiée” est définie comme une possession d’au moins 10 % d’une banque, ou l’exercice d’une influence significative sur celle-ci. Ces types d’opérations sont généralement déclenchées dans le cadre de projets de fusions et acquisitions. L’autorisation préalable de la BCE est nécessaire pour l’acquisition d’une telle participation.

Face à cet enjeu, la BCE a finalisé et publié un guide détaillant les procédures relatives aux participations qualifiées. Ce guide vise à clarifier la manière dont les superviseurs évaluent les demandes d’acquisition de participations qualifiées dans les banques. L’objectif est de rendre les mesures de surveillance prudentielle plus prévisibles et d’aider les candidats à l’acquisition d’une participation qualifiée dans des banques.

Source : BCE, 23 mai 2023, Guide relatif à l’approche prudentielle de la consolidation dans le secteur bancaire

106
Q

Que peut-on faire face à l’opacité du marché des CDS mono-émetteurs qui entraîne des risques systémiques?

A

Une politique publique recommandée serait d’établir une meilleure compréhension

  • des transactions,
  • des intervenants
  • et du risque de corrélation avec d’autres instruments financiers.

Cela pourrait être atteint

  • par une réglementation accrue,
  • une supervision plus stricte
  • et des systèmes de reporting plus rigoureux.
107
Q

Que peut-on faire face à la fragilité des perspectives de stabilité financière, dans un contexte de durcissement des conditions financières, et l’émergence de vulnérabilités dans le système financier non bancaire ?

A

Face à ce contexte, il est essentiel d’intervenir à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, il est recommandé d’achever l’union bancaire européenne, notamment en mettant en place un système européen commun d’assurance des dépôts, qui pourrait renforcer la confiance dans le système financier.

Par ailleurs, il est important de surveiller de près les vulnérabilités du système financier non bancaire, et de répondre de manière globale et décisive pour en limiter l’impact. La régulation et le contrôle de ces entités par les autorités compétentes pourraient être renforcés.

Enfin, pour les banques, il pourrait être utile d’encourager la gestion prudente de leurs portefeuilles de prêts et d’accroître leurs réserves pour couvrir les éventuelles pertes et gérer leurs risques de crédit.

Source : BCE, Revue de stabilité financière de mai 2023.

108
Q

Que peut-on faire face à l’intermédiation financière non bancaire (IFNB), autrement connu comme le “shadow banking”, qui représente aujourd’hui 48% des actifs financiers mondiaux et présente un risque systémique potentiel pour la stabilité financière ?

A

Face à l’essor de l’IFNB, il est crucial d’adopter un cadre réglementaire proportionné et basé sur le principe : “mêmes activités, mêmes risques, mêmes règles”. Cela vise à assurer une concurrence équitable entre les acteurs bancaires traditionnels et les acteurs de l’IFNB tout en garantissant la stabilité financière.

Les autorités de supervision doivent renforcer la transparence de ce secteur, notamment par des exigences réglementaires accrues en termes d’obligations déclaratives et de transparence envers le public et les investisseurs.

Il est également crucial de surveiller étroitement les liens de l’IFNB avec certains paradis fiscaux ou certaines juridictions à hauts risques dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Banque de France, “Shadow banking ou intermédiation financière non bancaire”, juin 2023