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Flashcards in LA PERCEPTION Deck (11):
1

La Théorie RBC des "géons" (9 pts)
Après avoir introduit et défini le cadre général dans lequel se situe cette théorie :
◽️Définissez un "géon" ? (0.5pt)
◽️Donnez la signification de "RBC" ? (0.5pt)
◽️Quel est l'auteur de cette théorie (0.5pt)
◽️Qu'est ce que suggère cette théorie (0.5pt) ? ◽️Expliquez de façon générale cette théorie, de qui ou quoi est-elle inspirée et que postule-t-elle? (2pts)
◽️L'auteur de la théorie RBC et son équipe ont mené de nombreuses expériences comportementales pour valider cette théorie : donnez les deux principaux résultats que montre cette théorie par rapport à la reconnaissance. (2pts) ◽️Donnez les deux points clés de la théorie RBC : que constitue-t-elle actuellement et à quoi s'adapte-t-elle bien? (2pts)
◽️Pour conclure, il y a actuellement plusieurs perspective à la théorie RBC : citez-en au moins une. (1pt)

Lorsque nous examinons une scène, notre regard se porte sur les objets qui la composent. Comment, au niveau perceptif, s'opère leur reconnaissance ? En général, les objets se distinguent les uns des autres par une organisation structurale assez précise de traits et surfaces qui les composent. Mixant intelligence artificielle et neuroscience, Biederman, en 1987, propose une théorie de la reconnaissance d'objets par ses composantes. Un géon est la contraction de "geometrical ion" ce sont des primitives tridimensionnelles qui permettent de schématiser, au niveau cognitif, tout objet. Ce sont des segments de ligne composant les contours internes/externes de l'objet et des propriétés liées à ces segments de ligne. Il existerait 24 géons. RBC signifie "Recognition-By-Components". Cette théorie a été développée par Biederman, en 1987. Elle suggère que la reconnaissance d'un objet se fait par l'analyse de ses "composantes". En général, les objets se distinguent les uns des autres par une organisation structurale assez précise des traits et surfaces qui les composent. La théorie RBC de Biederman (1987) est inspirée des travaux de Marr (1982). Elle postule qu'au niveau cognitif/catégoriel, tout objet est représenté en mémoire sous une forme schématisée d'un arrangement spatial de primitives visuelles tridimensionnelles que Biederman (1987) dénomme "géon". Biederman et son équipe ont développé de nombreuses expériences comportementales pour valider le modèle RBC. Ils vont tout d'abord montrer que la reconnaissance est aussi performance (exacte & rapide), que les objets soient présentés sous leur aspect naturel (photographie) ou "épuré" (dessin schématique). Biederman et al. montrent que pour être efficace, le système de reconnaissance visuel ne semble pas avoir besoin des informations de détails, de couleur, de texture, etc., mais simplement des contours schématisant la structure des composantes volumétriques de l'objet. Par contre, ils montrent également que si l'ensemble des composantes ne sont pas perceptibles parce qu'il manque, par exemple, les jonctions des contours (qui sont de puissants indices structuraux) : la reconnaissance échoue ou est rendue très difficile. Si RBC constitue pour l'instant la proposition la plus achevée en psychologie cognitive de la reconnaissance visuelle des objets, elle n'est pas sans défaut. Elle s'adapte bien à la reconnaissance des objets manufacturés qui, par construction, sont "géométriques", mais moins aux objets plus naturels pour lesquels l'extraction des volumes requiert très souvent de prendre en compte les variations d'ombre, de texture, de mouvement... qui sont des indices non traités dans la théorie et le modèle de reconnaissance visuelle RBC. Les travaux ultérieurs de l'équipe de Biederman ont pour objet de montrer que RBC possède les propriétés de rapidité, de résistance au bruit et de relative invariance spatiale observée dans le système visuel. Ces travaux cherchent également à compléter RBC par des mécanismes supplémentaires pour qu'il puisse fonctionner non seulement au niveau des catégories, mais aussi à celui des exemplaires (pouvoir, par exemple, dire que la scène perçue est une ville, et plus précisément Paris).

2

Deux formes de conditionnement (4pts)
Définissez les deux formes de conditionnement et citez leurs auteurs.

1) Le Conditionnement "répondant" (Pavlov). Il s'établit par association entre deux stimulus. Le stimulus conditionnel, après présentation simultanée et répétée avec le stimulus inconditionnel, finit par provoquer seul la même réponse.
2) Le conditionnement "opérant" (Skinner). Il s'établit par renforcement répété d'un comportement produit au départ par hasard, finit par provoquer la production systématique de ce comportement, par association avec la situation dans laquelle il se produit.

3

Quelles sont les deux approches fondamentales pour expliquer la perception ?

La perception est une fonction de prise d’information des événements du milieu exterieur ou du milieu interne par la voie des mécanismes sensoriels.
La perception n’est pas un simple enregistrement du réel : les recepteurs sensoriels sont des transducteurs qui transforment des formes d'énergie en événements nerveux selon des règles propres à l’organisme qui perçoit. Chez l’homme, la perception est liée aux mécanismes de cognition par l’abstraction inhérente aux idées et aux notions apprises et contenues dans la pensée. La prise d’information sensorielle met aussi en jeu des processus attentionnels, ainsi que le souligne Piaget qui voit dans la perception une ≪ conduite ≫ et parle ≪ d'activité perceptive ≫ de préférence à ≪ perception ≫. Divers facteurs interviennent dans la perception : certains sont liés aux caracteristiques des stimuli, d’autres aux contraintes des récepteurs ou encore aux conditions neuro-physiologiques de la transmission de l’info vers les centres nerveux. Tous ces facteurs ont une relation de causalité ascendante (dite bottom-up). D’autres facteurs, de nature plus cognitive, relèvent de processus conceptuels supérieurs et de l'intégration des experiences du sujet : ils ont une relation descendante (dite top-down). Ainsi on peut déterminer deux approches essentielles expliquant la perception :
1) La Gestalt
La fondation du mouvement de la Gestalt fut un événement important dans l’histoire de la perception : conduite par Wertheimer (1923) avec Koffka et Kohler, la psychologie de la forme (ou gestaltisme) est une théorie selon laquelle les processus de perception et de représentation mentale traitent spontanément et sans analyse les phénomènes comme des formes (ensembles de structures) et non comme de simples juxtapositions d’éléments. C’est donc la supériorité du tout sur les parties ; les lois sont innées et ne necessitent pas de recours à une experience antérieure. Ainsi, selon eux, l'expérience visuelle par exemple est structurée par la nature du stimulus lorsque ce dernier est en interaction avec le système nerveux visuel. Les exemples les plus familiers sont ceux illustrant les lois du groupement et de l’organisation figure/fond (mais la Gestalt développe aussi les notions de constances perpétuelles, mouvements apparents, effets contextuels...). Les progrès actuels en neuroanatomie fonctionnelle permettent d’apporter des éléments de réponse à la question du fonctionnement cérébral : lors de l’analyse du champ visuel par exemple, il y a décomposition de ce champ au niveau du cortex visuel primaire en fréquences spatio-temporelles, c’est-a-dire en images filtrées en basses ou hautes fréquences spatiales. L’information en basse fréquence est grossière, et véhiculée rapidement par le système magnocellulaire ; l’information haute fréquence est détaillée, et véhiculée par la voie parvocellulaire, plus lente. Les fréquences spatiales sont traitées en parallèle, mais les basses fréquences avant les hautes fréquences : c’est le principe du ≪ Coarse-to-Fine ≫, du grossier au plus fin (principe CtF). Appliquée à la théorie de la Gestalt, la supériorité et précédence du tout sur les parties s’explique alors sur un plan neurophysiologique. Cette notion renvoie aussi aux mécanismes par lesquels certains schèmes sont automatiquement co-actives.
2) L’approche constructiviste (cognitive)
Selon la theorie constructiviste, la perception est une construction de la signification : elle ne sépare pas la perception de la cognition et considère que les processus dits ≪ descendants ≫ sont actifs dès les premiers niveaux de la perception. Dans l’approche cognitive on considère le sujet comme un système qui élabore des représentations, qui manipule, stocke et utilise des connaissances selon un mode computationnel. Ainsi, le point de départ de cette approche est l’idée que la perception a une fonction adaptative vis-a-vis de l’environnement ; par conséquence, percevoir implique de donner une signification à ce qui est perçu. Cependant, il n’est pas possible d’attribuer de manière univoque un sens à une "chose" : d’une part le contexte visuel est lui-même suggéré une certaine interprétation particulière de la ≪ chose ≫, et d’autre part la probabilité subjective (ce que le sujet s’attend à voir) interfère aussi dans la construction de l’objet. Les modèles cognitifs proposés pour rendre compte de l’importance du contexte dans la construction de la signification considèrent une selection progressive d’éléments intéressants, et une inhibition des éléments ≪ hors-sujet ≫ étant donnés les premiers éléments de compréhension disponibles (il existe une retro-action possible des caractéristiques sémantiques perçues sur la taille et l’orientation ; sur la couleur, il n’y a pas de biais, cf l’effet Stroop qui consiste a provoquer un conflit entre différents modes de perception). Pour la philosophie constructiviste, et notamment pour l’école de Palo Alto, la notion de réel ≪objectif ≫ est oiseuse. Le sujet produit avec ses structures biologiques et psychologiques, à partir des expériences dont il dispose, un ensemble d'idées, de théories, de ≪ lois de la nature ≫ qui constituent son monde. La connaissance est réputée pertinente si elle résiste à l'épreuve de la vie. De ce point de vue, la perception est source d'expérience, donc de connaissance sur le monde. Cette approche de la perception met l’accent sur les "processus descendants". La richesse du stimulus n’apporte pas plus de "réalité", mais permet de choisir plus facilement une interprétation, de lever les ambiguïtés. Elle considère, également, que l’hallucination n’est pas une perception fausse, mais une manière particulière, et socialement désignée comme inadéquate, de percevoir l’environnement.

4

Décrivez la théorie des « geons » de Biederman (1987) et citez des exemples évoqués par cet auteur et ses collaborateurs pour valider le modèle RBC.

La perception visuelle est un acte de reconnaissance visuelle et a pu être étudiée en termes de propriétés et de contraintes. Ce sens est rapide, automatique et fiable. L’acte de regarder implique le fait que l’observateur puisse distinguer un objet de son image. La psychologie dispose actuellement de deux modèles principaux pour rendre compte de la reconnaissance visuelle.
1) Le premier modèle, d’inspiration neurophysiologique, se fonde sur l’extraction des fréquences spatiales, qui permettent une reconnaissance globale des scènes visuelles. Les lois de la Gestalt de Wertheimer et le principe de Fourier sont les théories principales. C’est une perception ≪ globale ≫ (on percoit la scène et ensuite on la décompose).
2) Le deuxième modèle, issu de l’intelligence artificielle, repose au contraire principalement sur l’extraction de primitives visuelles (e.g. Marr, 1982). Ainsi, d'après cette approche, la perception visuelle s’effectuerait par la reconnaissance des objets qui composent la scène visuelle (on regarde les objets individuellement puis on compose la scène) : c’est la perception ≪ locale ≫. Les objets se distinguent les uns des autres par leur forme. Un objet est une entité définie dans un espace tridimensionnel. Ainsi, il se caractérise par des traits et des propriétés bidimensionnels. Autrement dit, les contours internes/externes de l’objet se composent de segments de lignes ; l’agencement dans l’espace de ces segments de lignes peut être par exemple courbe, parallèle, symétrique ou comme dans le cercle avoir une propriété de co-terminaison. Dans une perspective gestaltiste, les résultats de la perception sont le reflet de la structure du monde. Dans une perspective cognitiviste, la perception des objets passe par un processus de catégorisation et une représentation structurale avant d’être sémantique et phonologique. L’information est ainsi segmentée en primitives visuelles.
◻️Partant des travaux de Marr (1982) et dans la continuité du deuxième modèle, Biederman (1987) propose la théorie RBC (Recognition-By- Components ou ≪ hypothèse RBC ≫). La théorie de Biederman (1987) traite de la reconnaissance d'un objet par ses composantes et de son attribution à une catégorie d'appartenance dans laquelle l'information obtenue est de type sémantique. D’apres la théorie de Biederman, le système visuel traite des individus et des objets comme des superficies discontinues constituées et catégorisées en "macro parties" (par exemple un bras), qui à leur tour peuvent etre ultérieurement différenciées en "micro parties" (avant bras, pour l'exemple précédent). L'articulation de chaque composante, qui est déterminée schématiquement par Biederman comme un élément conique et/ou cylindrique ou "géon", nous permet de catégoriser chaque objet percu et donc de comprendre de quel type d’objet il s’agit grâce à des comparaisons avec des compositions typiques. D’un point de vue géométrique un géon est un cône. La théorie RBC définit un alphabet de 24 géons obtenus par croisement de quatre dimensions spatiales liées à l’axe du cône et à sa section à la base. Les géons sont directement dérivés des traits et propriétés bidimensionnels de l’objet, c’est-à-dire des segments de ligne composant les contours internes/externes de l’objet et des propriétés liées à ces segments de ligne comme la colinéarité, la curvilinéarite, la symétrie, le parallélisme et la co-terminaison. Autrement dit cette théorie postule qu’au niveau catégoriel tout objet est représenté par la mémoire sous une forme schématisée d’un arrangement spatial de formes primitives visuelles tridimensionnelles (i.e. les géons), qui seraient employées pour la reconnaissance des objets. Ceci se produit aussi bien en présence d'objets nouveaux à l'observateur qu’en cas d'image dégradée ou incomplète, lorsque les objets sont présentés dans leur contexte naturel ou épurés ou bien lorsque l’observateur change son point de vue sur l'objet. Par contre, en absence d’indices relatifs aux composantes volumétriques de l’objet (par exemple en absence de jonctions des contours) la reconnaissance échoue ou elle est très difficile. D'après cette théorie, le traitement se décompose en 3 étapes :
1. Segmentation du champ visuel : Les objets sont encodés. La segmentation se fait grâce à l’extraction des contours des objets et du traitement des régions concaves,
2. Reconnaissance des géons : Le système cognitif reconnait les géons à partir de 5 propriétés invariantes : les courbes, les parallèles, les co-terminaisons (points où convergent deux lignes), la symétrie, la colinéarité (point sur une ligne droite)
3. Appariement : cette étape consiste à relier l’assemblage des géons à des représentations d’objets stockées en mémoire. Une fois repérés, les géons sont assemblés par le système cognitif puis comparés à un ≪ patron ≫ stocké en mémoire. Dès qu’un patron stocké ressemble à une forme, l’objet est reconnu. Biederman et ses collaborateurs ont réalisé de nombreuses expériences comportementales pour valider leur modele RBC. La reconnaissance est aussi performante (exacte, rapide) selon que les objets soient présentés sous leur aspect naturel (photos de haute qualité) ou épuré (dessin schématique aux traits simplifiés). Autrement dit, pour être efficace, le système de reconnaissance visuelle ne semble pas avoir besoin de détails, de couleur, de texture, ..., mais simplement des contours schématisant la structure, des composantes volumétriques de l’objet, soit encore des fragments de géons. Les auteurs de ce modèle ont ainsi montré l'importance des régions concaves, contours fermant une forme. En effet, les objets dégradés mais dont les régions concaves sont intactes peuvent etre récupérés en complétant par colinéarité et courbure régulière. En revanche, si ces composantes ne sont pas perceptibles parce qu’il manque des jonctions de contours (puissants indices structuraux), du fait que les géons ne soient pas identifiables ou que les objets soient partiellement dégradés, la reconnaissance échoue ou est très difficile. L’absence des jonctions ne permet plus d’extraire les composantes volumétriques de l’objet. Les travaux ulterieurs de l'équipe de Biederman auront pour objet de montrer que ce modèle théorique possède les propriétés de rapidité, de résistance au bruit et de relative invariance spatiale, observées au niveau phénoménologique. Le modèle sera également complété par des mécanismes supplémentaires pour qu’il puisse fonctionner non seulement au niveau des catégories, mais aussi à celui des exemplaires, comme par exemple, pouvoir dire que la scène perçue est une ville, et une ville en particulier (e.g. Paris). Enfin, la théorie RBC de Biederman, bien qu’elle soit encore aujourd’hui une des théories les plus élaborées en psychologie cognitive pour rendre compte de la reconnaissance d’objets par ses composantes, présente quelques limites. Si elle s’applique bien à la reconnaissance d’objets manufacturés, donc bien construits géométriquement, elle s’applique moins bien aux objets naturels, car les processus d’extraction des volumes nécessitent la prise en compte de détails comme l’ombre, la texture ou le mouvement, indices qui ne sont pas traités par le modèle RBC. Ce modèle ne semble pas résoudre les cas dans lesquels nous sommes en présence d'éléments creux, d’ombres et elle ne prend pas en compte de manière satisfaisante les variations de mouvement.

5

Présentez l’approche Gestaltiste et l’approche constructiviste rendant compte de la perception.

◻️ Introduction
La perception désigne l’ensemble des mécanismes et procédures qui nous permettent de prendre connaissance du monde qui nous entoure sur la base des informations élaborées par nos différents sens. Cependant la perception n’est pas un simple enregistrement du réel : les récepteurs sensoriels sont des transducteurs qui transforment les formes d'énergie en événements nerveux selon des règles propres à l’organisme qui perçoit. Chez l’homme, la perception est liée aux mécanismes de cognition par l’abstraction inhérente aux idées et aux notions apprises et contenues dans la pensée. La prise d’information sensorielle met aussi en jeu des processus attentionnels, ainsi que le souligne Piaget qui voit dans la perception une ≪ conduite ≫ et parle ≪ d'activité perceptive ≫ de préférence à ≪ perception ≫. La perception est régie par différents facteurs : certains liés aux caractéristiques des stimuli et d’autres aux contraintes des récepteurs ou encore aux conditions neurophysiologiques de la transmission de l’information vers les centres nerveux. L’ensemble de ces facteurs ont une relation de causalité ascendante (≪ bottom-up ≫). D’autres facteurs, de nature cognitive, relèvent de processus conceptuels supérieurs et de l’intégration des expériences du sujet : ils ont une relation descendante (≪ top-down ≫). Ainsi nous allons voir les deux approches essentielles de la perception : l’approche gestaltiste et l’approche constructiviste.
◻️ 1) L’approche gestaltiste
L’objectif des gestaltistes était d’aborder directement des mécanismes globaux-holistiques impliqués dans la structure perçue dans l’environnement. Des psychologues iconoclastes comme Kurt Koffka (1886-1941), Wolfgang Kohler (1887-1968) et Marx Wertheimer (1880-1943) ont fondé l’école gestaltiste de la perception des formes. Cette école repose sur l'idée selon laquelle la totalité diffère de la somme des éléments qui la composent. Pour cette école, la perception que nous avons du monde n’est pas une simple addition d'éléments séparés. Elle se constitue en ensembles organisés de ≪ formes ≫ globales qui donnent un sens à ce que nous percevons. Pour les gestaltistes, les perceptions s’organisent en formes significatives où les éléments contribuent à donner du sens au tout. La théorie de la Gestalt démontre que l’on perçoit l’ensemble comme un tout organisé. Les faits psychiques ne sont donc jamais perçus comme des éléments séparables, mais toujours engagés dans une configuration ou une structure visuelle, sonore, tactile, etc. Les valeurs sensorielle et perceptive de chaque élément sont définies par leur fonction dans l’ensemble. D'après la théorie de la Gestalt, un élément n’est jamais isolé mais toujours aperçu par rapport à un fond, à un contexte qui lui donne sens. La figure présente un contour déterminé, par opposition au fond qui n’en a pas. La figure se différencie de l’indifférencié. Dans cette perspective théorique, la perception est un processus de reconnaissance de forme au regard d’un fond. Une figure perceptive émerge et s’organise par rapport à l’ensemble des données sensorielles disponibles. La perception est envisagée comme un processus créatif de construction et de déconstruction de formes par rapport à un ensemble de données sensorielles. Pour les gestaltistes l’organisation spontanée de l’information est dépendante de lois fondamentales. Par exemple, prenons une situation ou nous observons le ciel étoilé, notre esprit est en mesure de regrouper les différents éléments en unités géométriques simples et familières (triangle, carré, etc.). En d’autres termes, nous construisons spontanément des figures par rapport à un ensemble indifférencié d'éléments. Ces lois fondamentales nous permettent de donner du sens et d’organiser des informations ambiguës. Prenons l’exemple de la figure illustrant le concept de figure-fond. Que voyons-nous ? On voit soit un visage de femme ou un saxophoniste. Il est quasi impossible de voir en même temps deux ensembles d’objets, bien qu’on arrive à passer rapidement du saxophoniste au visage de femme et vice versa on ne peut pas les voir d’un seul coup à la fois. Une des raisons avancées pour expliquer le fait que chaque figure fait sens consiste à dire que toutes se conforment à la loi gestaltiste de symétrie, dans laquelle les caractéristiques de la configuration sont dotées de proportions équilibrées autour d’un axe central ou d’un point central.
Les lois gestaltistes de la perception des formes Chacune de ces lois corrobore le principe le plus général de prégnance, en ce sens que chacune illustre les mécanismes par lesquels nous percevons des configurations visuelles en termes d’organisation la plus simple d’éléments disparates en une forme stable et cohérente. Si on s'arrête un moment et qu’on regarde autour de nous, nous percevons une configuration cohérente, complète et continue de figures et de fonds. On ne voit pas de trous dans les objets. Par exemple lorsque votre feuille occulte une partie de la table nous percevons la table comme une entité continue et non comme quelque chose d’incomplet. En regardant autour de nous, nous sommes enclins à percevoir des groupements d’objets proches (proximité) ou des objets qui se ressemblent (similarité), des objets complets plutot que des objets partiels (clôture), des lignes continues plutot que des lignes interrompues (continuité), et des patterns symétriques plutot qu’asymetriques.
-La loi gestaltiste figure-fond
Quand on perçoit une forme, certains éléments (figures) semblent saillants et d’autres, non structurés, s’effacent en arrière-plan (fond). Illustration : la figure fond de Rubin des visages et du vase, dans laquelle une façon de percevoir des figures amène à rendre saillant une perspective ou un objet, tandis que l’autre façon de percevoir conduit à mettre au premier plan un autre objet ou une autre perspective, et à reléguer au second plan ce qui avait été au préalable mis en avant.
-La loi de Proximité
Lorsque l’on perçoit un ensemble d’éléments, les éléments spatialement ou temporellement proches tendent à se grouper dans la même configuration. Illustration : dans la figure des cercles, on perçoit plus facilement les deux paires de cercles centraux et les deux cercles isolés aux extrémités, plutôt que trois paires de cercles rapprochées, les cercles dans chaque paire étant éloignés.
-La loi de similarité
Des éléments semblables sont perçus comme appartenant à une même configuration. Illustration : on verra plus facilement quatre colonnes de Y et de T que quatre lignes qui alternent les X et les O.
-La loi de continuité
Une configuration dont les éléments sont orientés dans la même direction, sont en continuité ou présentant une fluidité, est reconnue comme étant une bonne figure. Illustration : le X à gauche parait constitué d’une droite et d’une courbe bissectrice, et non de deux sortes de ≪ V ≫, un a l’endroit et l’autre à l’envers, reliés à leur pointe.
-La loi de clôture
Propension perceptive à construire des configurations ne comportant pas de lacunes. Illustration : la figure ne présente que des segments de lignes disjoints mais que nous refermons perceptivement pour y voir un cube et des cercles.
-La loi de Symétrie
Les configurations qui admettent un ou plusieurs axes de symétrie (images ≪ en miroir ≫) sont plus facilement reconnues comme de bonnes figures. L’illustration montre une configuration de parenthèses, crochets et accolades qu’on percoit comme formant quatre ensembles assortis plutot que huit items isolés, parce qu’on intègre les éléments symétriques en objets qui présentent une cohérence.
◻️ 2) Approche constructiviste
Vers la moitié du XXe siecle, le mouvement New Look (Bruner et Postman, 1947) propose une approche constructiviste de la perception selon laquelle les expériences passées, mais aussi des facteurs tels que les émotions, les motivations et les valeurs sociales, sont susceptibles d’influencer la perception. La théorie de Bruner, développée en 1957-1958, apparaît comme une théorie essentiellement dialectique, axée sur la signification que les sujets attribuent au stimulus. Selon Bruner, la perception est un processus cognitif selon lequel percevoir consiste à tester des hypothèses. Le sujet soumis à une stimulation sensorielle, se forge une hypothèse sur la nature de l’objet observé, hypothèse qui sera confirmée ou non par des informations reçues ultérieurement. Le sujet est un être actif qui émet des hypothèses sur le monde qu’il perçoit et évalue la pertinence des informations en fonction du contexte et de ses connaissances antérieures. Selon Bruner, la perception n’implique pas une analyse exhaustive d’un objet ou d’un événement. Elle ne prend en compte que quelques indices, échantillons sur le stimulus. Ces indices permettent de classer le stimulus dans une catégorie d'équivalence. Par exemple : ≪ cette chose est ronde, sa surface n’est pas lisse, c’est de couleur orangée, de telle dimension, c’est donc une orange ... ≫ (Bruner, 1957). Il s’agit d’un passage du particulier au général, des indices à la catégorisation (induction). La perception est en quelque sorte, un processus de décision qui ne laisse aucune place à la passivité : le sujet cherche d’une facon active les indices caractéristiques d’une série d’objets qu’il s’attend à percevoir. Nous appelons ≪ attente perceptive ≫ ce volet du processus qui consiste à anticiper la situation à venir. Selon la conception de Bruner, la perception est une transaction, un ajustement qui se fait progressivement entre le sujet et son environnement en termes d'évaluation, et de déductions probabilistes.
◻️ Conclusion
Selon la théorie de la Gestalt, notre perception est organisée :
-facon dont les perceptions s’organisent en unités cohérentes selon certains principes.
-organisation des sensations en une ≪ gestalt ≫ : une forme, un tout. On ne percoit pas les éléments qui composent une figure.
-organisation des sensations en perceptions avec une cohérence.
Principes, règles de l’organisation perceptive.
-ces organisations perceptives vont servir de signaux de référence à nos actions et de signaux reconnaissables permettant d’anticiper sur les situations à venir.
-l’ensemble de ces règles est appelé lois de l’organisation perceptive.

6

Quelles sont les propriétés et les contraintes de la perception visuelle ? (6 points)

Lorsque nous percevons un stimulus visuel, celui-ci est perçu instantanément et avec une relative invariance d’un sujet à un autre, malgré les changements dans la scène visuelle. Ces propriétés de la perception visuelle ont été étudiées depuis longtemps pour certaines, plus récemment pour d’autres. Ainsi, des études anciennes se sont attachées à mesurer le temps de traitement d’un stimulus visuel (Cattell, 1886) en mesurant le temps d’identification d’images. Cette technique ne permet cependant pas de séparer le temps de traitement des temps de préparation et d’exécution de la réponse. Pour mesurer spécifiquement le temps de traitement, les chercheurs utilisent la méthode des seuils temporels d’identification. Cette méthode consiste à présenter une série d’images à un rythme rapide et à mesurer le temps minimal de présentation permettant l’identification des stimuli. Ce seuil est de l’ordre de la centaine de millisecondes. La perception visuelle est également caractérisée par son automatisme. Un des paradigmes les plus célèbres permettant d’étudier le caractère irrépressible de la perception visuelle est le paradigme de Stroop. Il consiste à faire dénommer aux sujets la couleur de l’encre avec laquelle un mot est écrit. Lorsque le mot désigne une couleur différente de la couleur de l’encre, on observe des temps de réponses et un nombre d’erreurs plus élevé, ce qui montre qu’on ne peut s’empêcher d’accéder au sens d’un mot qui nous est présenté. Les mécanismes perceptifs permettent également de percevoir comme identique un objet perçu à des moments et dans des conditions différentes. De même, deux individus, face à un même stimulus percevront la même chose. Cette fiabilité des mécanismes de traitement est particulièrement saillante dans les illusions perceptives qui constituent le principal paradigme d’étude de cette propriété. La dernière propriété concerne la gestion des référentiels spatiaux qui nous permettent de localiser les objets qui nous environnent, mais surtout d’interagir avec eux. Les référentiels peuvent être multiples, généraux ou locaux. Les principales études sur cette propriété utilisent des tâches d’adaptation du sujet à des lunettes prismatiques inversant la droite et la gauche par exemple. Les résultats de ces études montrent que l’adaptation n’est jamais complète et concerne surtout les références impliquées dans l’action. Ainsi la localisation d’un individu est rétablie, malgré l’inversion, mais les détails vestimentaires continuent d’être inversés. La perception visuelle se caractérise donc par une simplicité phénoménologique qui contraste avec la complexité des traitements nécessaires à sa réalisation.

7

À l’aide d’un exemple, expliquez en quoi les illusions visuelles permettent d’éclairer l’étude de la perception visuelle. (6 points)

La perception visuelle possède un certain nombre de propriétés et de contraintes comme sa rapidité, son automatisme et sa fiabilité. Cette dernière propriété renvoie au fait que les résultats des traitements perceptifs visuels produisent un résultat constant pour un même individu et varient peu d’un individu à un autre. Une des voies privilégiées de l’étude de cette fiabilité et des mécanismes sous-jacents est constituée par les illusions visuelles. Elles permettent en effet de cerner mieux les caractéristiques de la perception. Ainsi, notre système visuel analyse les différences de luminosité par le biais de cellules inhibitrices. Lorsque les contrastes sont trop proches ou trop importants, il se produit des distorsions appelés « effets de contrastes ». Des figures peuvent ainsi apparaître plus blanches que le reste de la page si elles sont entourées de zones sombres. Ces illusions ont également permis de mettre en évidence des effets plus cognitifs liés à l’interprétation de la scène visuelle comme dans les effets de perspective ou les illusions de volume. Des exemples particulièrement démonstratifs de ces effets cognitifs nous sont donnés par l’illusion de Muller-Lyer ou les figures impossibles pour lesquelles l’interprétation peut s’avérer indécidable. On retrouve également ces effets cognitifs dans la ségrégation de la figure et du fond, notamment dans les figures ambiguës où l’interprétation peut varier chez un même sujet selon le point de vue qu’il prend. Les illusions perceptives nous renseignent donc sur les indices sur lesquels la perception visuelle s’appuie et sur les mécanismes cognitifs à l’oeuvre dans la construction de l’interprétation de la scène visuelle.

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Présentez l’illusion de Muller-Lyer. Comment s’explique-t-elle ? (4 points)

Introduction
L'illusion de Muller-Lyer expérimente, dans les recherches sur la perception visuelle, les effets de contexte, à l'instar de l'illusion d'Ebbinghaus et Titchener. Ces procédés permettent de saisir la nature, la diversité et la complexité des traitements perceptifs, ainsi que leur invariance inter-individuelle.
Présentation de l’illusion
Le matériel se compose de deux flèches d'égale longueur (élément dit test dans ce dispositif d'illusion géométrique), disposées l'une sous l'autre, se différenciant uniquement par les pennes, tournées vers l'intérieur ou l'extérieur (élément dit inducteur qui provoque la déformation perceptive). La tâche du sujet consiste à pointer le centre de la figure ; la flèche aux pointes tournées vers l'intérieur est majoritairement désignée comme la plus longue.
Explication de l’illusion
-En modalité visuelle, elle relève de deux effets :
1) Un effet de contraste. En effet la présence des pennes masque en quelque sorte les extrémités du segment. Il parait ainsi plus long dans le cas ou les pennes sont ouvertes que dans l’autre cas.
2) Cette illusion relève également d’un effet cognitif en évoquant un angle de mur en creux (vue de loin) ou à un angle en coin (vue de près)
N.B. En modalité haptique, l’illusion se révèle tout aussi bien chez des aveugles (de naissance ou tardifs) que chez des adultes l’expérimentant sans voir. Trois éléments jouent sur l’illusion : 1. l’angle formé par les pennes, plus il est aigu, plus le segment parait court, 2. la consigne car si on demande aux participants d’utiliser leur corps comme référence spatiale, l’illusion disparait et enfin, 3. avec la répétition, l’illusion disparait.

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Quelles sont les caractéristiques de l’organisation perceptive en audition ? (6 points)

Dans les études sur la perception auditive en laboratoire, les chercheurs ont souvent utilisé des sons relativement purs afin de contrôler les caractéristiques du stimulus présenté aux sujets. Cependant, dans notre vie quotidienne, de tels sons se rencontrent rarement. Outre le fait que les sons qui nous environnent sont la plupart du temps des sons complexes, nous sommes confrontés dans notre vie de tous les jours à des sources sonores multiples. On peut lors se demander quels sont les mécanismes qui nous permettent d’identifier les informations sonores provenant d’une même source et de discriminer les informations provenant de sources différentes. Par ailleurs, les événements sonores sont rarement constants dans le temps. Pourtant nous parvenons à les identifier comme provenant d’une même source malgré leurs variations. La capacité à discriminer ou non des sources sonores distinctes relève de ce qu’on nomme l’organisation simultanée. La capacité à percevoir un flux sonore comme un tout relève de l’organisation séquentielle. Les travaux dans ces domaines montrent que les lois gestaltistes permettent de rendre compte de l’organisation simultanée et séquentielle des scènes sonores. Ainsi la loi du destin commun (des éléments évoluant en même temps au cours du temps appartiennent à une même forme) permet de rendre compte de l’organisation simultanée. Rasch (1978) a ainsi montré qu’un changement brutal de l’un des paramètres d’un son conduit le sujet à interpréter l’événement comme un son provenant d’une autre source sonore. De la même façon, la fluctuation cohérente d’un son conduit à fusionner les partiels d’un son complexe. Dans l’organisation séquentielle, la loi de similarité permet de rendre compte du fait que deux sons appartenant à des régions fréquentielles différentes sont perçus comme distincts. Cet effet a été confirmé par Bey et McAdams (2003) qui montrent, dans leur expérience que plus deux mélodies sont de hauteurs éloignées, plus elles sont perçues comme distinctes. Les recherches sur l’organisation séquentielle ont également montré un effet du tempo, c’est-à-dire de la cadence de présentation des sons dont on peut rendre compte avec la loi de proximité. Ainsi des sons appartenant à deux régions de fréquences sont perçus comme un seul son s’ils sont joués lentement et perçus comme deux sont différents s’ils sont joués rapidement (Bregman et Campbell, 1971).

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Comment s’effectue la reconnaissance des objets sonores?

La perception
La reconnaissance des objets sonores
Que se passe-t-il entre le moment où un son est produit et son identification ? Contrairement à la vision, peu de modèles de la reconnaissance des objets sonores ont été proposés. Celui proposé par McAdams (1994) permet cependant de poser des hypothèses sur les processus en jeu lors de la reconnaissance et/ou l'identification d'un objet sonore.
a. Les étapes en jeu dans le processus de reconnaissance auditive
•La première étape correspond à la transduction sensorielle du signal acoustique au niveau du système auditif périphérique pour ensuite arriver au niveau du système auditif central (voir partie 2, chap. 9).
•Lors de la seconde étape, des processus de groupement de l'information acoustique interviennent afin de relier les informations provenant du même objet sonore et de séparer les informations provenant de deux sources sonores différentes.
•Lors de la troisième étape, des processus de calcul des attributs perceptifs (calcul de la hauteur, intensité, durée, timbre) permettraient la construction d'une représentation perceptive de l'objet sonore. Le timbre serait un attribut essentiel dans le processus d'identification auditive puisqu'il véhicule sans doute l'identité des sources sonores, comme en témoigne l'expérience de Risset et Matthieu.
L'expérience de Risset et Matthieu (1969) montre que l'analyse de l'enveloppe temporelle de l'onde sonore est un paramètre acoustique essentiel lors de l'identification d'un son. Le principe consiste à enregistrer une pièce musicale jouée au piano. Chaque note de piano est ensuite inversée de façon à ce que les sons (correspondants aux notes) soient entendus de la fin du signal acoustique au début tout en respectant l'ordre de présentation des notes composant la mélodie (la mélodie reste identique). À l'écoute de l'extrait, les auditeurs peuvent parfaitement identifier la mélodie, mais la plupart indiqueront que cette mélodie est jouée par un accordéon, voire un orgue, c'est-à-dire un instrument soufflé, alors que l'instrument à partir duquel la mélodie a été exécutée reste le piano. Le fait d'avoir simplement inversé l'enveloppe temporelle de chaque son change l'identité de la source sonore. Cet exemple suggère que la dimension perceptive du timbre liée à la qualité d'attaque (voir p. 63) joue un rôle essentiel dans le processus de reconnaissance et d'identification auditive des sources sonores complexes. Si l'on modifie certains aspects de cette dimension on touche à l'identité même du son, ce qui appuie l'hypothèse selon laquelle le timbre véhiculerait bien l'identité des sources sonores complexes.

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Comment Rock et Victor (1964) ont étudié l’intégration visio-haptique ?

Introduction
La combinaison des données perçues par les modalités visuelle et haptique permet la formation d’une représentation de l’objet perçu. Lorsque ces deux modalités analysent en même temps une même propriété d’un objet comme par exemple sa forme, il faut que l'interprétation des données soit cohérente pour que la représentation soit effective. Afin d'étudier cette intégration Rock & Victor (1964) ont utilisé la méthode des situations bimodales conflictuelles qui consiste a créer un conflit perceptif entre les deux modalités.
Présentation de l’expérience de Rock et Victor (1964)
Ils ont utilisé des situations bimodales conflictuelles : il y a un conflit perceptif quand les données visuelles et haptiques sont discordantes (ce que je vois ne correspond pas avec ce que je touche). Rock et Victor ont demandé à des adultes de regarder un carré en bois au travers d’un prisme qui rétrécit la dimension horizontale des objets de 50 %. Donc la vision déformée de ce carré le rend rectangle. En même temps, les sujets palpent ce meme carré sous la table (qui n’a pas subi de déformation physique). Puis le sujet doit reconnaitre soit par la vision seule, soit par la main seule l’objet vu et palpe parmi un ensemble de carrés et de rectangles. Resultats :
-Quand le conflit porte sur une propriété spatiale, les sujets manifestent une tendance à la ≪ capture visuelle ≫, c’est-à-dire qu’ils basent leur jugement perceptif sur les données apportées par la vision : à la phase test, ils désignent le rectangle qu’ils ont vu (ou très proche) comme étant celui vu et palpé (c’est un test visuel). Quand le test est haptique, on trouve des réponses de compromis où la réponse du sujet est une sorte de moyenne entre les valeurs visuelle et haptique.
-Quand le conflit porte sur la texture, on observe soit des réponses de compromis entre les deux valeurs conflictuelles (Ledermann & Abot, 1981), soit une tendance à une capture haptique quand la consigne est d’évaluer la rugosité. Par contre quand la consigne demande d’évaluer la densité spatiale des grains de papier abrasifs, une tendance à la capture visuelle est observée. Conclusion
Ce que ces travaux permettent de mettre en avant : la modalité haptique semble bien spécialisée dans l'appréhension des propriétés matérielles des objets, alors que la vision l’est dans le domaine spatial.