6. MESURES (Préjugé et Stéréotype) Flashcards Preview

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Flashcards in 6. MESURES (Préjugé et Stéréotype) Deck (13):
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6-1 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
Quel type de mesures a été développé pour mettre en évidence les stéréotypes et les préjugés ?

Les mesures explicites (questionnaires principalement) ont été les premières utilisées par les chercheurs, pour mettre en évidence les stéréotypes et les préjugés. Mais la prise de conscience sociale de l'existence des stéréotypes, et de leurs conséquences (discrimination par exemple), a rendu le citoyen lambda très sensible au sujet, et donc très méfiant et "stratège" à l'égard des outils d'étude basés sur les mesures explicites. Un deuxième type de mesures a donc été développé pour contourner ces biais de désirabilité sociale et d'auto présentation, il s'agit des mesures implicites.

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6-2 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
A. Mesures explicites
Les mesures explicites reposent sur l'expression directe du stéréotype. Elles donnent lieu à trois types de résultats. Lesquels ?

1) la mesure des attitudes à l'égard d'un groupe.
2) la mesure de l'attribution de traits à un groupe-cible.
3) la mesure des conséquences comportementales du stéréotype et du préjugé, à travers les comportements discriminatoires.

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6-3 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
A. Mesures explicites
La mesure des attitudes à l'égard d'un groupe.
Que mesure-t-on ici ?
Donnez l'exemple du cours.

On mesure là le préjugé.
Exemple : "Les immigrés d'Afrique du Nord sont une menace pour la cohésion sociale de notre pays".
Pas du tout d'accord (1) / Plutôt pas d'accord (2) / Plutôt d'accord (3) / Tout à fait d'accord (4).

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6-4 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
La mesure de l'attribution de traits à un groupe-cible.
Que s'agit-il de mettre en évidence ?
Quelle méthode est très employée ?

Il s'agit là de mettre en évidence le stéréotype, son contenu et sa structure.
Dans ce cadre, la méthode initiée par Osgood et ses collègues (1957), nommée "différenciateur sémantique", est très employée.
Exemple : "Les immigrés d'Afrique du Nord sont :"
Travailleurs vs Paresseux
Lents vs Rapides
Économes vs Gaspilleurs

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6-5 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
La mesure des conséquences comportementales du stéréotype et du préjugé, à travers les comportements discriminatoires.
Qu'utilise-t-on ici ?

On utilise ici des tâches de mise en situation dans lesquelles les participants doivent décider, par exemple, de l'attribution de ressources (emploi, promotion, prime...) ou de sanctions, à l'égard de représentants du groupe-cible.

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6-6 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
Pourquoi les mesures implicites ont-elles été mises au point ?

Les mesures implicites ont été mises au point pour contourner les limites des mesures explicites citées dans ce cours.

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6-7 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
VRAI ou FAUX ?
Les mesures implicites présentent la particularité de mobiliser des processus que l'individu peut parfaitement contrôler.

FAUX ! Les mesures implicites présentent bien au contraire la particularité de mobiliser des processus que l'individu ne peut pas contrôler.

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6-8 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
Pléthore de techniques sont disponibles (Salès-Wuillemin, 2006).
Citez les deux exemples du cours.

1) une technique basée sur l'amorçage,
2) une technique basée sur l'association implicite.

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6-9 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
Sur quel postulat les techniques d'amorçage sont-elles construites ?

Les techniques d'amorçage sont construites sur le postulat suivant : les représentations mentales sont associées en mémoire et l'activation des unes modifie l'accessibilité des autres, d'autant plus que leur association est forte.

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6-10 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
Technique d'amorçage : la complétion lexicale.
Donnez l'exemple du cours.

Il s'agit de la recherche menée par Gilbert et Hixon (1991) :
Dans une première partie de l'expérience, les sujets voient une vidéo dans laquelle une jeune femme « Européenne» versus « Asiatique » présente des insignes sur lesquelles figurent des mots incomplets. Les sujets ont pour consigne de compléter l’espace vide par une lettre afin de donner une signification aux mots. Par exemple, les sujet voient sur une première insigne le mot incomplet « S_Y », l’espace vide peut être soit complété par la lettre « H » donnant le mot « SHY » (timide) ou par un « K » donnant le mot « SKY » (ciel). L’hypothèse des chercheurs est que l’amorçage du stéréotype lié à la présentatrice (stéréotype des asiatiques vs. stéréotype des européennes) affectera la complétion du mot. Les résultats montrent que les sujets donnent plus souvent la signification « TIMIDE » (« SHY ») au mot incomplet « S_Y » lorsque l’insigne est tenu par une Asiatique que lorsqu’elle est tenue par une Européenne. Ainsi, les sujets ont produit des complétions stéréotypiques.

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6-11 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
Technique d'association implicite : l'Implicit Association Test (IAT).

L'IAT est basé sur le concept de [cognition implicite], que l'on peut décrire comme une [trace] de notre [expérience passée] non identifiable de façon [introspective], capable d’influencer nos [sentiments, nos pensées et nos actions]. Si l’on considère que ces [cognitions implicites] sont des [traces en mémoire non identifiables de façon introspective], il n’est pas envisageable de les appréhender à l’aide de mesures [auto-rapportées] ([directes]) puisque celles-ci dépendent des limites des [capacités introspectives] des sujets. Il faut donc avoir recours à des instruments qui ne requièrent pas de réponses [auto-rapportées] ([Greenwald et Banaji, 1995]), autrement dit à des mesures appelées [indirectes]. [Greenwald] est le créateur de l'IAT qui a été élaboré pour répondre à cet objectif.

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6-12 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
Mais sur quel principe fonctionne le test IAT ?
Citez l'exemple du cours pour une illustration évocatrice du principe sur lequel repose l’IAT.

Il s'agit de l'expérience menée par Blaison et ses collègues (2006) :
"Supposez que vous ayez à trier un jeu de 52 cartes en deux tas situés à votre gauche et à votre droite. Il vous sera probablement plus facile de classer les piques et les trèfles d’un côté et les cœurs et carreaux de l’autre, que de classer piques et cœurs d’un côté et trèfles et carreaux de l’autre. Cette facilité accrue est due au fait que les piques et les trèfles d’une part et les cœurs et les carreaux d’autre part “vont bien ensemble” : ils partagent respectivement un même attribut, ici la couleur. S’inspirant de cette idée, le principe général de l’IAT repose sur le fait qu’il est plus facile de classer ensemble des items cognitifs lorsque les groupements à réaliser sont cohérents avec ceux que l’on adopte spontanément du fait de notre manière particulière d’organiser l’information. Par exemple, par rapport à la population générale, un joueur de bridge s’empresserait d’infirmer l’observation faite plus haut, car pour lui ce sont d’une part les cœurs et les piques et de l’autre les carreaux et les trèfles qui vont le mieux ensemble ; pour ce joueur, l’association entre les familles de cartes n’est plus spontanément créée par la couleur mais par un autre attribut acquis à travers la pratique du bridge. L’IAT se veut donc être une méthode de mesure indirecte de la force relative des associations entre différents concepts."

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6-13 COMMENT MESURER LES PRÉJUGÉS ET LES STÉRÉOTYPES ?
B. Mesures implicites
Décrivez l'une des premières publications sur l'IAT (Greenwald, McGhee et Schwarz, 1998) pour décrire son fonctionnement.

Les sujets voient à l’écran une série de prénoms et de mots. La tâche des sujets consiste tout d'abord à catégoriser si les prénoms sont ceux d’un(e) Noir (e.g. « JASMINE ») ou d’un(e) Blanc(he) (e.g. « LAUREN ») et si les mots sont ceux de la catégorie « plaisant » (e.g. « MIRACLE ») ou « déplaisant » (e.g. « BOMBE »). Dans une deuxième phase de l’expérience, lorsqu’un mot plaisant ou le prénom d’un Noir apparaît, les sujets doivent appuyer sur la touche de gauche, à l’inverse lorsqu’un mot déplaisant ou le prénom d’un Blanc apparaît, ils doivent appuyer sur la touche de droite (phase de combinaison inconsistante).
Lors d'une troisième phase, les sujets doivent appuyer le plus rapidement possible sur la touche de droite, lorsqu’ils voient un mot plaisant ou le prénom d’un Blanc. À l’inverse, ils doivent appuyer sur la touche de gauche lorsqu’ils perçoivent un mot déplaisant ou le prénom d’un noir (phase de combinaison consistante).
Les auteurs montrent que les sujets (des Blancs Américains) sont plus rapides pour répondre lorsque la combinaison est consistante (i.e. prénom d’un Blanc et mots plaisants) que lorsque la combinaison est inconsistante (i.e. prénom d’un Noir et mots plaisants).
Ces chercheurs suggèrent que cette différence révèle l’existence de préjugés implicites.
Pour avoir un accès à l'IAT : https://implicit.harvard.edu/implicit/france/