Cours 7 - Acquisition de la syntaxe Flashcards

1
Q

Qu’est-ce que la syntaxe?

A
  • Syntaxe : étude de la structure de la phrase
    o La syntaxe s’intéresse aux règles qui concernent, notamment :
    –> L’ordre des mots : *Marelle à la aux bleus yeux filles petites les jouent vs Les petites filles aux yeux bleus jouent à la marelle.
    –> Les relations entre les différents éléments de la phrase
  • Une phrase est une suite de mots :
    o Notre chat noir adore ces croquettes à la viande.
  • Les mots se combinent pour former des groupes précis
    o Dans la phrase, on peut dégager les combinaisons suivantes :
    –> Notre chat noir
    –> Ces croquettes à la viande
    –> Adore ces croquettes à la viande
    –> À la viande
    o Mais non pas celles-ci :
    –> Noir adore
    –> À la
    –> Adore ces
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2
Q

Qu’est-ce que l’analyse syntaxique et quels sont les niveaux d’analyse syntaxique?

A
  • Il existe une organisation interne entre les différents groupes de mots
  • On peut établir une hiérarchie :
    a. [la viande]
    b. [à la viande]
    c. [ces croquettes à la viande]
    d. [adore ces croquettes à la viande]
    o Cette hiérarchie peut être représentée sous forme arborescente)
    Niveaux d’analyse syntaxique
  • Phrase (P) ↔ groupes de mots ↔ classes de mots
    o Un groupe de mots (syntagme) : contient minimalement un noyau (tête), qui est l’élément central qui détermine les caractéristiques du groupe et peut contenir des expansions, soit des unités accompagnant le noyau au sein du groupe.
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3
Q

Quelles sont les différentes catégories syntaxiques?

A
  • Tout mot fait partie d’une classe de mots (catégorie grammaticale) :
    o Nom (N)
    o Verbe (V)
    o Adjectif (Adj)
    o Adverbe (Adv)
    o Préposition (Prép)
    –> Catégories lexicales ou classe ouverte
    o Déterminant (Det)
    o Pronom (Pron)
    o Conjonction (Conj)
    –> Catégories fonctionnelles ou classe fermée
  • Certaines classes de mots servent è former des groupes de mots (catégorie syntaxique)
    o GN – groupe nominal
    o GV – groupe verbal
    o GAdj – groupe adjectival
    o GAdv – groupe adverbial
    o GPrép – groupe prépositionnel
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4
Q

Quelles sont les fonctions grammaticales?

A
  • Tout groupe de mots occupe une fonction grammaticale (le rôle qu’il joue dans la structure où il est employé)
  • Une fonction se définit toujours en termes relationnels :
    o Sujet (de la phrase)
    o Prédicat (de la phrase)
    o Complément de… (nom, verbe…)
    o Modificateur de… (adjectif, adverbe…)
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5
Q

Qu’est-ce que la représentation en arbres syntaxiques et que représentent les noeuds des arbres?

A
  • Arbre syntaxique : réseau de relations de dépendance
    o Les représentations arborescentes :
    –> Permettent de visualiser la structure de la phrase, de voir les relations de dépendance entre les mots
    o La structure arborescente est :
    –> Binaire (on combine deux éléments à chaque étape de la dérivation, on ne peut pas vraiment en combiner plusieurs)
    –> Hiérarchique (chaque niveau de structure correspond à une étape de la dérivation)
    –> Il s’agit de la dérivation syntaxique – formation des phrases
  • Note : le branchement à trois branches n’est plus accepté par les linguistes.
  • P = phrase
  • GN = groupe nominal
  • GV = groupe verbal
  • GPrép = groupe prépositionnel
    Arbre syntaxique : nœuds
  • Nœuds : points de rencontre des branches
    o Nœud-mère : nœud dominant
    o Nœud-filles : nœuds sous un nœud-mère
    o Nœuds-sœurs : nœuds dominés par le même nœud mère
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6
Q

Quelles sont les différentes étapes du début du développement syntaxique?

A
  • Étape à un mot : les enfants produisent surtout des mots individuels. Bien qu’on ne soit pas toujours certain des sens qu’ils attribuent à des mots comme maman, veux ou lait, il est clair qu’ils commencent à associer les sons au sens. De 12 à 18 mois environ.
  • Énoncés à deux mots : Les enfants produisent de courtes phrases de deux mots : lait veux, parti papa, cassé train, etc. Peu de déterminants, auxiliaires, pronoms sujets, prépositions. Vers 18-24 mois.
  • Langage télégraphique : phrases plus longues que deux mots; les mots de classes fermées sont omis. À 2 ans.
  • Vers 30 mois : explosion syntaxique permettant l’émergence de phrases complexes.
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7
Q

Quelles sont les caractéristiques de l’étape à un mot du développement syntaxique?

A
  • Étape à un mot :
    o Les enfants commencent à produire des énoncés entre 12-18 mois.
    –> Holophrase (littéralement « phrase entière »)
    o Ces énoncés expriment le même sens qu’une phrase entière dans le langage des adultes.
    o Question : est-ce que les enfants utilisent des catégories syntaxiques telles que N, V, A, P, etc?
    o Autrement dit, est-ce qu’il possède une connaissance que LAIT est un N?
    o Deux points de vue sur la connaissance des catégories syntaxiques :
    1. Catégories syntaxiques ne sont pas présentes dans les premiers énoncés de l’enfant
    –> Argument : il ne faut pas attribuer aux enfants des connaissances (catégories ou règles) abstraites pour lesquelles il n’y a pas de preuves dans les données)
    2. Selon l’hypothèse de continuité, les enfants dès le début ont accès à la connaissance abstraite des constructions syntaxiques incluant les catégories syntaxiques (bootstrapping sémantique)
    –> Argument : il est peu probable que les enfants aient un système linguistique sans des catégories syntaxiques et ensuite passent à un système qui les inclut.
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8
Q

Quelles sont les différentes théories quant à la connaissance de la structure syntaxique des enfants lors de l’étape à un moté6

A
  • Pendant une longue période de temps, on croyait qu’au stade à un mot l’enfant manquait de connaissances syntaxiques.
  • Preuve : des enfants font des erreurs en répondant aux questions, p.ex. :
    o 16 mois : What’s that? There.
    o 16 mois : What should I do? Baby.
  • Argument contre : étude de Santelmann et Jusczyk
    o Participants : enfants de 15-18 mois
    o Tâche : écouter deux segments aux enfants, dont un segment avait une structure grammaticale assez fréquente en anglais et l’autre avec une structure grammaticale erronée
    o Résultats suggèrent que les enfants écoutent plus longtemps le segment avec is + V-ing que le passage qui contient can + V-ing
    o Résultats suggèrent que les enfants savent (ou reconnaissent) que la combinaison is + V-ing est grammaticale tandis que can + V-ing ne l’est pas
    o Conclusion : les enfants possèdent une connaissance de constructions avec -ing bien avant qu’ils commencent à les utiliser
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9
Q

Quelles sont les caractéristiques de l’étape à 2 mots?

A
  • Vers 18-24 mois quand le vocabulaire de l’enfant atteint 50 mots et plus, il commence à produire des énoncés à deux mots.
  • Combinaison de mots :
    o En français : pati papa, cassé train, apu lait…
    o En anglais : mama book, toy mine, baby chair, sock pretty, see boy…
  • Essentiellement, l’enfant utilise des mots de contenu (peu de déterminants, auxiliaires, pronoms sujets, préposition)
  • « Mama book! » peut exprimer :
    o Possession : This is Mama’s book
    o Demande : Mama, give me the book
    o Phrase declarative : Mama is reading the book.
  • Diverses relations sémantiques exprimées :
    o Existence : toto ta (toto ta (C’est une auto ça)
    o Disparition: apu lai (Il n’y a plus de lait)
    o Récurrence: co bonbon (encore bonbon)
    o Propriété: café tau (café chaud)
    o Possession: toto bébé (l’auto de bébé)
    o Bénéfice: pou papa
    o Action objet: frappe chien
    o Localisation: papa buiau (papa est dans le bureau)
  • Énoncé -> relation sémantique
    o Bébé pleure –> agent + action
    o Tombée balle –> action + objet
    o Maman biscuit –> agent + objet
    o Bébé chaise –> entité localisation
    o Bébé camion –> possesseur + possession

Étapes à deux mots : questions
- Est-ce que les enfants utilisent la syntaxe (c.-à-d., la connaissance des structures syntaxiques) à ce stade ou seulement la sémantique?
- Si la syntaxe est présente, est-ce que la grammaire de l’enfant est similaire à celle de l’étude?

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10
Q

Qu’est-ce que la grammaire “pivot”?

A
  • Braine (1973) propose que les enfants distinguent deux classes de mots
    1) Classes fermées (=mots pivots)
    o Peu nombreux
    o De haute fréquence
    o Qui se trouvent dans une position fixe, initiale ou finale :
    –> Prépositions (up, off)
    –> Pronoms (my, it, that)
    –> Certains verbes et adjectifs (see, do, pretty)
    –> Expressions relationnelles (other, more, all gone, bye-bye)
    2) Les classes ouvertes comportent des mots « à contenu » qui s’utilisent dans les positions différentes (non fixes) et peuvent se trouver tout seul dans un énoncé à un mot.
    o Les énoncés à 2 mots sont constitués de la juxtaposition de deux mots de classe ouverte ou d’un mot de la classe fermée et d’un mot de la classe ouverte.
    o Exemples : maman pantoufle (ouvert-ouvert), grand-maman terminer (ouvert-ouvert), papa carotte (ouvert-ouvert), encore gâteau (fermé-ouvert)
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11
Q

Quels sont les problèmes de la grammaire pivot?

A
  • Durant l’étape à deux mots, certains enfants n’ont pas de productions de type « pivot »
  • Les enfants produisent beaucoup de phrases qui ne ressemblent pas aux types de phrases décrites par la grammaire « pivot ».
  • Certains mots de type « pivot » sont utilisés seuls, p.ex., more.
  • Certains mots de type « pivot » sont utilisés avec d’autres mots « pivots », p.ex., that off.
  • Certains mots de type « pivot » sont utilisé dans les positions différents : soit au début ou à la fin d’un énoncé, p.ex., that book, see that.
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12
Q

Qu’est-ce que l’hypothèse de continuité?

A
  • Il n’y a pas de passage d’une grammaire « non-syntaxique » (p.ex., « pivot ») à une grammaire « syntaxique »
  • Les enfants ont accès aux notions syntaxiques dès le début
    o Hypothèse de continuité
  • Hypothèse de continuité : les enfants ont les mêmes compétences linguistiques que les adultes
  • Hypothèse de continuité forte :
    o Toutes les catégories sont présentes : les structures syntaxiques dans le langage des enfants sont les mêmes que chez les adultes
  • Hypothèse de continuité faible :
    o Les catégories « manquantes » telles que V et P sont incluses dans la structure syntaxique parce qu’on trouve des preuves de cela
    o Cependant, on n’inclue pas de catégories dont la présente n’est pas prouvée : Det, Aux
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13
Q

Comment peut-on dont résumer l’étape à 2 mots?

A
  • Diverses relations sémantiques exprimées. P.ex., relations sémantiques de base :
    o Agent + action
    o Action + objet, etc.
  • L’association de deux mots est universelle
    o Le même stade chez des enfants locuteurs de langues différentes
    o Dans toutes les langues étudiées, les expressions de deux mots expriment les mêmes notions (p.ex., désir, possession, localisation)
    o Deux catégories de mots peuvent être distinguées : mots de contenu vs. mots « fonctions »
  • Combinaisons de deux mots constituent apparemment des noyaux de futures phrases
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14
Q

Qu’est-ce que l’étape du langage télégraphique?

A
  • Les énoncés sont plus longs et complexes
  • Mais :
    o L’absence de la flexion (e.g., -ed, -s, en anglais)
    o L’absence de mots grammaticaux/catégories fonctionnelles (p.ex., auxiliaire, déterminant, préposition, etc.)
  • Énoncés :
    o Poupée bébé pleure (Possession + possesseur + action)
    o Maman manteau chaise (Agent + objet + localisation)
    o Ça chien bébé (démonstratif + possession + possesseur)
    o Daddy like book.
    o What her name?
    o Man ride bus today.
    o Car make noise.
    o Me wanna show Mommy.
    o I good boy.
  • Langage télégraphique ressemble au style des télégrammes
  • Par la suite, les énoncés s’allongent et les mots-fonctions ainsi que les morphèmes grammaticaux y sont graduellement intégrés
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15
Q

Qu’est-ce que l’explosion syntaxique?

A
  • Vers l’âge de 30 mois : explosion syntaxique
    o Allongement des phrases
    o Usage plus systématique de structures transitives (verbe + COD)
    o Émergence de certains phrases complexes
  • Vers 3 ans la complexification évolue et l’enfant commence à intégrer des phrases comportant :
    o Des dislocations (La poupée, elle est brisée)
    o Des phrases complexes
    –> Coordonnées
    –> Subordonnées (complétives, relatives)
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16
Q

Qu’est-ce que la longueur moyenne des énoncés (ou LMÉ)?

A
  • MLU = mesure utilisée pour étudier le développement syntaxique chez les enfants
    o MLU (mean length of utterance) – longueur moyenne en morphèmes
    o Remplisseurs tels que um ou oh ne sont pas comptés, tandis que les mots comme no, yeah et hi sont inclus dans le calcul
    o Sur la base de MLU, Brown avait identifié 6 stades du développement syntaxique. Au-delà du stade 6, d’autres mesures sont prises en compte.
  • Mots composés (birthday), noms (Mary Jane), réduplications (night night), diminutifs (doggie, mommy), éléments contractés (gonna) sont comptés comme un élément
    o Play checkers = 3
    o I got horn = 3
    o A bunny-rabbit walk = 3
    o Big drum = 2
    –> LME = 11/4 = 2.7
17
Q

Quelles sont les questions qu’on se pose dans le domaine de l’acquisition de la syntaxe?

A
  • Quelles connaissances l’enfant possède-t-il à la naissance?
  • Est-ce qu’il ou elle connait des notions telles que la sujet, l’objets, etc., dès la naissance?
18
Q

Quelles sont les différentes théories de l’acquisition de la syntaxe?

A
  • Théorie lexicale : même processus que l’acquisition des mots (abstraction graduelle à partir de formules associés aux mots)
  • Apprentissage statistique : enfant sensible aux distribution statistiques des mots
  • Apprentissage basé sur l’utilisation (fonctionnalisme de Tomasello)
  • Innéisme :
    o Contraintes syntaxiques innées
    o P&P (principes et paramètres)
19
Q

Qu’est-ce que la théorie lexicale?

A
  • Mange pomme, mange carotte, mange banane –> mange + mangé –> action + objet
  • Casse le verre, casse une noix, casse le camion –> casse + cassé –> action + objet
  • Arguments contre
    o Créativité des enfants : more car (=drive some more); more read (=read some more)
    o Caractère abstrait de leurs connaissances : « verbes + patient » dès 2 ans, (21-25 mois)
20
Q

Qu’est-ce que l’apprentissage statistique?

A
  • Sensibilité aux propriétés statistiques de la langue
  • Premières combinaisons de 2 mots : souvent ordre fixe
    o [apu] _ (a plus) –> apu lait; apu bobo, apu papa…
    o [se]_ (c’est) –> se fini; se cassé; se là, se chien…
    o _[ama] (à moi) –> toto ama; bayon (ballon) ama, ké (clé) ama
21
Q

Qu’est-ce que les études de compréhension?

A
  • Les chercheurs ont mis en évidence les faits suivants :
    o À 14 mois : les enfants comprennent les constituants de base des phrases simples
    o À 17 mois : interprètent l’ordre des mots
    o À 24 mois : comprennent les implications des verbes transitifs
  • Les enfants montrent la compréhension des phrases au moment où ils ne le produisent pas encore : ils ont accès aux connaissances des structures syntaxiques
  • (Pour certains chercheurs, la question à savoir si les enfants analysent des relations dans la phrase comme sujet-verbe-objet ou agent-action-patient reste ouverte)
22
Q

Qu’est-ce que l’approche fonctionnaliste de Tomasello (2000, 2003)?

A
  • Théorie de Tomassello s’inscrit dans l’approche fonctionnaliste (cognitive-functional linguistics)
  • Tâche de l’enfant est de mettre en relations des fonctions communicatives et des formes linguistiques nécessaires pour exprimer ces fonctions
    o P.ex., la construction transitive = sa fonction est d’exprimer qu’un participant agit sur un autre participant de l’action
  • Pour apprendre une phrase de sa langue maternelle, l’enfant doit d’abord comprendre la fonction de la phrase
23
Q

Que propose Tomasello en 2000 dans sa théorie fonctionnaliste?

A
  • Propose une théorie alternative à la théorie générativiste de l’acquisition du langage : « usage-based learning » = apprentissage basée sur l’utilisation
  • Arguments de Tomasello :
    o La créativité (productivité) de jeunes enfants est surestimée : la capacité des enfants de produire de nouveaux énoncés est limitée
    o Les catégories abstraites comme, p.ex., la transitivité des verbes, ne sont pas acquises par les enfants de jeune âge
    o Les verbes se comportent comme des unités lexicales individuelles (spécifiques) et ils doivent être acquis « item-by-item ».
  • L’étude du langage de jeunes enfants permet à Tomasellon de formuler l’hypothèse des « ilots verbaux » :
    o Le langage de jeunes enfants est organisé et structuré autour des verbes bien précis (« verb-specific »)
    o La compétence de l’enfant de 2 ans ne comprend que des structures grammaticales particulières, spécifiques.
    o Les catégories syntagmatiques que les enfants utilisent ne sont pas des catégories abstraites comme « sujet », « objet », « agent », « patient » mais sont plus concrets, spécifiques.
    o P.ex., hitter, hittee pour le verbe hit « frapper »; sitter, sittee « quelque chose sur quoi on s’assoit » pour le verbe sit « s’asseoir »
24
Q

Que propose Tomasello en 2003?

A
  • D’après Tomasello, il n’y a pas de continuité de structures mais il y a une continuité de processus
  • Compétences sociales innées : décodage d’intentions et apprentissage culturel (incluant imitation)
    o Limite : l’apprentissage imitatif est productif mais de façon limitée. Il permet de produire de nouveaux énoncés mais ne permet pas par lui-même de faire ces abstractions.
  • Capacités innées d’analyses distributionnelles et de création de catégories : action = V, objets = N, etc.
  • Capacités innées d’analogie, de généralisation (repérer régularités), de construction de schémas)
    o P.ex., V + objet –> transitivité
25
Q

Quel processus l’enfant utilise-t-il pour arriver à des combinaisons de mots (p.ex., N + V) selon Tomasello?

A
  • L’enfant ne part pas de mots isolés pour arriver à des combinaisons de classes de mots (N+V) mais procède à partir d’ensembles dotés d’une signification (sorte de gestalts)
    o Ex : papa laver moto
  • Il n’est pas évident que l’enfant connait des catégories telles que sujet, objet, verbe pour produire cette phrase.
  • L’énoncé est d’abord appris comme tout et puis utilisé comme schéma pour produire d’autres énoncé de même structure
26
Q

Quelle est l’analogie de la théorie de Tomasello?

A
  • Appariement de structures :
    o Ex : give, tell, show, send
  • Tous ces verbes ont le sens « transférer » et ils tous apparaissent dans la construction : NP + V + NP + NP
  • Finalement, un lien s’établie entre le verbe spécifique et la construction abstraite qui peut s’étendre par analogie aux autres verbes (items nouveaux)
27
Q

Qu’est-ce que la combinaison de structures (créative) de la théorie de Tomasello?

A
  • Combinaison de structures (créative) :
    o See Daddy, See Maria
    o Daddy’s bread, Daddy’s ball
    –> See Daddy’s car
  • « Creative combining of linguistic structures » : les enfants non seulement combinent des mots ou des catégories isolées. Ils combinent aussi des constructions de forme différente, ainsi que de niveau différent d’abstraction.
28
Q

Qu’est-ce que le rôle des constructions et de leurs fréquences dans la théorie de Tomasello?

A
  • Jusqu’à environ 3 ans, l’enfant emploie certains verbes dans les constructions, p.ex., transitives ou intransitives, sans effectuer des généralisations
  • Celles-ci viennent progressivement sous la forme de constructions abstraites remplissant certaines fonctions dans les contextes appropriés, bien précis
    o La grammaire émergente (et non innée)
  • Ressemble qualitativement à l’acquisition du lexique
    Constructions : rôle de la fréquence
  • Comme dans l’acquisition du lexique, la fréquence joue un rôle important
  • La fréquence de type explique la productivité des constructions (schémas)
  • Entrenchment : certaines formes linguistiques ont une fréquence d’occurrence très élevée, on dit que la représentation mentale de ces structures est entrenched
    o L’activation plus facile, l’accès est facilité
    o Entrenchment « protège » les enfants de la production des énoncés erronés
  • Préemption statistique : certaines formes linguistiques ont l’usage restreint dans l’input ; les enfants sont capables d’utiliser cette information pour ne pas produire ces formes ou structures dans le contexte non
29
Q

Quelles sont les limites de la théorie de Tomasello?

A
  • Même si cette théorie propose certaines solutions aux problèmes d’acquisition du langage, on peut lui adresser les critiques suivantes :
    o Comment passer des constructions combinatoires simples aux constructions complexes?
    o Comment l’enfant détermine-t-il que objet = N, action = V, etc.
    o Comment contraindre le processus de généralisation?
  • Aucune explication du processus d’acquisition des règles de la grammaire
30
Q

Quelles sont les caractéristiques de l’innéisme?

A
  • Les enfants sont sensibles aux groupes linguistiques
  • Tâche d’imitation :
    o E. Mozart who cried came to my party
    o S. Mozart came to my party
    o E. Daddy is going to get some cookies and daddy is going to get some juice.
    o S. He gonna get some cookie et juice (2;3.3)
  • La répétition est une reconstruction, pas une imitation
  • Les enfants n’imitent que ce que leur grammaire leur permet de produire
  • L’enfant aurait une connaissance innée de la Grammaire Universelle (GU)
  • La GU spécifie les principes et les paramètres. P&P font parti de l’équipement génétique de l’enfant.
    o Principes : des propriétés invariantes communes à toutes les langues (les universaux)
    o Paramètres : réfèrent aux variations assez limitées des principes à travers les langues
  • P.ex. :
    o Principe : un COD (objet direct) doit se placer à côté du verbe qui le sélectionne.
    o Paramètre : l’ordre relatif de ces deux éléments. Français : verbe + COD, Japonais : COD + verbe
31
Q

Qu’est-ce que l’hypothèse de continuité de l’innéisme?

A
  • Continuité entre la grammaire de l’enfant et celle de la langue adulte
  • Version faible : autorise des étapes dans la fixation de paramètres
    o P.ex., selon l’hypothèse de la maturation, les principes de la GU émergent successivement suivant un ordre biologique spécifié
  • Version forte : le paramètre est fixé instantanément et ne peut pas être changé. Des « erreurs » de performance sont liées au traitement extérieur à la grammaire.
32
Q

Quelles sont donc les conclusions de l’innéisme?

A
  • Sensibilité à l’ordre de mots typique de la langue
  • Français :
    o V conjugué + pas veux pas;
    o Pas + V ppé ou inf : pas tombé; pas partir
    o = Distinction V conjugué vs non conjugué
  • Friedeman (1992) ; deux enfants (CHILDES)
    o G : de 1;11 à 2;3
    o P : de 2;1 à 2;3
    –> V à temps conjugé : V-pas : 120/121 (99%)
  • Conclusion : les enfants ont des connaissances innées de contraintes syntaxiques (GU)