Myélome multiple Flashcards

1
Q

Myélome multiple : généralités ?

A

Myélome multiple = maladie de Kahler : hémopathie maligne caractérisée par le développement d’un clone de plasmocytes tumoraux, envahissant la moelle hématopoïétique

  • 1% des cancers, 10% des hémopathies malignes, 4000 cas/an en France, âge moyen = 70 ans (très rare < 40 ans, n’existe pas chez l’enfant))
  • FdR : radiations ionisantes, pesticides, benzène, état pré-myélomateux (MGUS)
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2
Q

Myélome multiple : clinique ?

A
  • Forme habituelle : infiltration plasmocytaire médullaire + Ig monoclonales sériques et/ou urinaires + atteinte osseuse + cytopénie
  • Patient asymptomatique (20%) : exploration d’une augmentation VS, d’une EPP anormale ou d’une protéinurie…
  • AEG, sans fièvre (en dehors des épisodes infectieux et de sa phase terminale)
  • Douleurs osseuses (70%) : habituellement du squelette axial (rachis, côtes, bassin), d’apparition brutale
  • Autres manifestations osseuses : fracture pathologique, tuméfaction osseuse (plasmocytome)
  • Syndrome médullaire : anémie, moins fréquemment thrombopénie, neutropénie

Complication inaugurale :

  • Insuffisance rénale, hypercalcémie, complication osseuse ou infectieuse
  • Plus rarement : compression médullaire, syndrome d’hyperviscosité

=> Sans syndrome tumorale : sans splénomégalie, hépatomégalie ni ADP

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3
Q

Myélome multiple : VS ?

A
  • VS très augmentée (100 mm) dans 85% des cas, parfois peu augmentée, voire normale (myélome
    multiple à chaînes légères, non excrétant ou cryoglobuline précipitant à basse température)
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4
Q

Myélome multiple : NFS ?

A
  • Anémie normocytaire, normochrome, arégénérative : par infiltration plasmocytaire médullaire massive, insuffisance rénale, déficit relatif en EPO, cytokines anti-érythropoïétiques, hémodilution
  • Frottis sanguin : rouleaux érythrocytaires
  • Leucopénie et thrombopénie : rares, de mauvais pronostic (masse tumorale importante)
  • Plasmocytes circulant : exceptionnel au diagnostic (leucémie à plasmocyte : 2%)
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5
Q

Myélome multiple : anomalie des protéines ?

A
  • Protidémie totale souvent élevée avec hypoalbuminémie
  • EPP : pic à base étroite (80%), correspondant à la présence d’une protéine monoclonale dans la zone des gammaglobulines (rarement en β (IgA) ou α2), associé à une hypogammaglobulinémie
    => Absence de pic :
  • Myélome multiple à chaînes légères : hypogammaglobulinémie souvent sévère
  • Plus rarement myélome multiple non excrétant ou non sécrétant
  • Dosage pondéral des Ig (peu utile) : augmentation d’Ig monoclonales (IgG ou IgA) avec chute des autres classes
  • Immuno-fixation ou immunoélectrophorèse des protéines sériques (typage de l’Ig monoclonale
    pour sa chaîne lourde et légère) : 65% d’isotype IgG, 15% à chaînes légères (κ ou λ), 15% d’isotype IgA, 5% de variants rares
    => L’isotype de la protéine monoclonale ne se modifie pas en cours d’évolution (suivi inutile)
  • Dosage des chaînes légères libres du sérum : κ (2/3 des cas), λ (1/3 des cas) et ratio κ/λ
  • Electrophorèse et immuno-fixation des protéines urinaires de 24h : protéinurie à chaînes légères dans 90% des cas (ou protéinurie de Bence-Jones : précipite à 70°C et se redissout à ébullition)

=> La BU ne détecte pas les chaînes légères dans les urines

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6
Q

Myélome multiple : myélogramme ?

A

= Nécessaire au diagnostic : infiltration médullaire plasmocytaire ≥ 10% des éléments nucléés
- Anomalies morphologiques = plasmocytes dystrophiques (non indispensable au diagnostic) :
cytoplasme très basophile, noyau ovalaire excentré
- Analyse cytogénétique des plasmocytes (caryotype, FISH) = pronostic : t(4 ;14), délétion 17p
=> Biopsie ostéomédullaire nécessaire en cas de myélogramme non contributif

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7
Q

Myélome multiple : bilan initial ?

A
  • Recherche de complications : bilan rénal (créatininémie et clairance de la créat), calcémie
  • Pronostic : β2-microglobuline ++, albuminémie, LDH
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8
Q

Myélome multiple : bilan osseux ?

A
  • Bilan radiologique standard : crâne (F + P), rachis complet (F + P), bassin (F), thorax (F + P), grils
    costaux, humérus et fémurs (F) et de tout site douloureux
  • IRM rachis + bassin, voire IRM corps entier : meilleur visualisation des lésions (si Rx normales) et des complications médullaires (épidurite, rupture du mur vertébral postérieur…)
  • Scanner corps entier faible dose non injecté : à préférer aux radiologies conventionnelles
    => La scintigraphie osseuse n’a aucun intérêt (inhibition des ostéoblastes : aucune fixation)

Aspect des lésions
- Ostéoporose (ostéopénie), parfois isolée
- Lésions ostéolytiques = géodes/lacunes « à l’emporte-pièce » (sans liseré de condensation périphérique) : prédominant dans les zones les plus hématopoïétiques
(rachis, côtes, sternum, crâne, extrémités proximales des fémurs et des humérus)
- Fractures, tassement vertébral en galette
=> Sans lésion osseuse en radiologie standard dans 10 à 20% des cas : lésion myélomateuse retrouvée à l’IRM dans 50% des cas
=> Reminéralisation rare sous traitement spécifique (même chez les bons répondeurs)

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9
Q

Myélome multiple : myélome symptomatique ?

A

Critères CRAB :

  • Hypercalcémie > 2,75 mmol/L
  • Insuffisance rénale < 40 ml/min
  • Anémie < 10 g/L
  • Bone : ≥ 2 lésions osseuses

Et/Ou ≥ 1 critère biologique : ≥ 60% d’infiltration plasmocytaire médullaire ou ratio κ/λ ≥ 100 ou > 1 lésion ≥ 5 mm à l’IRM

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10
Q

Myélome multiple : myélome indolent ?

A
  • Pic monoclonale > 30 g/L et/ou plasmocytes médullaires ≥ 10%, sans atteinte d’organe
    => Evolution vers un stade symptomatique avec un délai variable (jusqu’à plusieurs années)
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11
Q

Myélome multiple : plasmocytome solitaire ?

A

= Lésion ostéolytique plasmocytaire unique : souvent au niveau de la face, ou parfois atteinte extra-osseuse (VADS (nasopharynx, sinus…), de meilleur pronostic)
- Absence d’infiltration plasmocytaire médullaire des autres sites, Rx et IRM normales
- Absence ou faible taux d’Ig monoclonale, sans hypogammaglobulinémie
- Traitement de choix : radiothérapie localisée et/ou exérèse chirurgicale
=> Evolution fréquente vers l’apparition de nouvelles lésions lytiques ou un myélome multiple

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12
Q

Myélome multiple : myélome ostéocondensant ?

A

= Très rare : associé à une neuropathie sensitivo-motrice, diffuse et progressive, dans 30-50% des
cas (pour 3% dans la forme habituelle du myélome multiple), voire un syndrome POEMS

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13
Q

Myélome multiple : leucémie à plasmocytes ?

A
  • Présentation proche d’une leucémie aiguë : anémie et thrombopénie sévère, plasmocytose sanguine > 2 G/L (ou 20% des leucocytes), hépatosplénomégalie, fièvre
    => Souvent à un stade tardif, de pronostic très péjoratif
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14
Q

Myélome multiple : formes cliniques selon l’immunoglobine monoclonale ?

A
  • Myélome multiple à chaîne légère isolée (15%) = hypogammaglobulinémie sans pic monoclonal (VS normale, sans hématies en rouleau) : atteinte rénale plus fréquente, pronostic plus péjoratif
  • Myélome multiple type IgD (2%) : de mauvais pronostic, souvent de type λ
  • Myélome à Ig monoclonale précipitant à basse température (cryoglobuline)
  • Myélome non excrétant (Ig cytoplasmique) ou non sécrétant (sans production d‘Ig) (2%)
  • Autre (exceptionnel) : myélome biclonal, myélome à IgM ou à IgE
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15
Q

Myélome multiple : pronostic ?

A
  • Forme de mauvais pronostic : isotype IgA ou IgD, chaînes légères de type λ, myélome à chaînes légères

Score pronostique ISS :

  • Stade 1 = β2-microglobuline < 3,5 mg/L, albumine ≥ 35 g/L => survie médiane = 62 mois
  • Stade 2 = intermédiaire => survie médiane = 44 mois
  • Stade 3 = β2-microglobuline > 5,5 mg/L => survie médiante = 29 mois

Score pronostic R-ISS :

  • Stade 1 : β2-microglobuline normale, LDH normaux, pas d’anomalie chromosomique
  • Stade 2 : β2-microglobuline > 5,5 mg/L + LDH augmentés ou β2-microglobuline > 5,5 mg/L + anomalie chromosomique

Critères de mauvais pronostic :

  • Age élevé
  • Chimiorésistance
  • β2-microglobulines élevée
  • Anémie/thrombopénie
  • Lésions lytiques étendues
  • Créatininémie élevée
  • Plasmocytes circulants
  • Anomalie chromosomique : t(4;14) ou del(17p)
  • Albumine sérique basse
  • LDH élevés
  • Cytologie plasmoblastique
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16
Q

Myélome multiple : complications osseuses ?

A
  • Fracture pathologique, tassement vertébral avec risque de compression médullaire ou radiculaire
  • Hypercalcémie maligne
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17
Q

Myélome multiple : complication rénale ?

A

= 50% des patients développent une insuffisance rénale (dont 20% au diagnostic) : multifactorielle

  • IRA avec protéinurie de chaînes légères d’Ig : néphropathie à cylindres myélomateux
  • Protéinurie glomérulaire à albumine : amylose AL ou syndrome de Randall
  • Tubulopathie proximale : syndrome de Fanconi (exceptionnel)
  • Hypercalcémie : IRA fonctionnelle sur hypercalcémie aiguë, néphrocalcinose

=> Indication de PBR :

  • Insuffisance rénale sans facteur déclenchant
  • Albuminurie > 1 g/j, en l’absence de lésion d’amylose/Randall en périphérie
  • Bilan lésionnel et évaluation de la réversibilité d’une tubulopathie myélomateuse
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18
Q

Myélome multiple : complication infectieuse ?

A

= 1ère cause de décès : immunodépression par hypogammaglobulinémie et/ou neutropénie
- Principalement à CGP (pneumocoque) et BGN : septicémie, pneumopathie, méningite, urinaire, ORL…

19
Q

Myélome multiple : complication amylose AL ?

A

= 5 à 15% des cas : dépôt de chaînes légères, le plus souvent λ, constituant des structures fibrillaires

  • Atteinte : neuropathie périphérique, syndrome néphrotique, atteinte cardiaque, canal carpien…
  • Diagnostic : biopsie d’organe avec coloration au Rouge Congo ou étude immunohistochimique
20
Q

Myélome multiple : complication hématologique ?

A
  • Insuffisance médullaire par envahissement : anémie, plus rarement thrombopénie ou neutropénie
  • Syndrome d’hyperviscosité (rare : pic très élevé, surtout IgA dimérique) : céphalées, vertiges, somnolence jusqu’au coma, hypoacousie, baisse d’acuité visuelle, syndrome hémorragique
  • Cryoglobulinémie de type 1
21
Q

Myélome multiple : complications ?

A
  • osseuses
  • rénales
  • infectieuses
  • amylose AL
  • hématologique
  • Syndrome myélodysplasique et leucémie : secondaire aux alkylants au long cours (rare : 2-3%)
  • Syndrome POEMS (surtout dans le myélome ostéocondensant) : Polyneuropathie périphérique,
    Organomégalie (hépatosplénomégalie), Endocrinienne (diabète, insuffisance surrénalienne), composant
    Monoclonal (MGUS, plasmocytome ou myélome) et Skin (dépilation, hyperpigmentation, œdème),
22
Q

Tubulopathie myélomateuse : généralités ?

A

= Néphropathie tubulo-interstitielle à cylindres myélomateux = complication rénale la plus fréquente du myélome : liée à la précipitation intra-tubulaire de chaînes légères d’Ig monoclonales
- Plus fréquente en cas de myélome à chaînes légères et de myélomes à IgD

Facteurs favorisants :

  • Hypercalcémie
  • Déshydratation extracellulaire (toute cause)
  • Infections urinaires
  • Médicaments néphrotoxique : aminosides, produit de contraste iodé…
  • Médicaments modifiant l’hémodynamique rénale : AINS, IEC, ARA2…
23
Q

Tubulopathie myélomateuse : diagnostic ?

A
  • IRA : souvent sévère, isolée (sans hématurie, HTA ni œdème), volontiers révélatrice
  • Protéinurie : souvent à fort débit (> 2 g/j dans 50% des cas), essentiellement constituée de chaînes légères Ig avec discordance évocatrice entre la BU et le dosage pondérale
  • Dosage pondérale de protéinurie/24h + EPU : pic étroit de globulines, albumine < 10%
    => La présence d’une albuminurie > 1 g/j doit faire rechercher une autre cause
  • Immuno-fixation des protéines urinaires : chaînes légères monoclonales urinaires
  • Dosage des chaînes légères sériques : diagnostic peu probable si < 500 mg/L

PBR
=> Non systématique si typique : IRA avec protéinurie de chaînes légères Indication
- Suspicion de dépôts tissulaires de chaînes légères monoclonales (amylose AL, Randall…) : si albuminurie > 1 g/j ou manifestations extra-rénales évocatrices (après autre biopsie tissulaire négative : BGSA…)
- Absence de facteur favorisant

Résultat

  • Cylindres obstruant la lumière des tubes distaux et collecteurs : poly-chromatophiles après coloration au trichrome de Masson, traits de fracture dans le corps, avec réaction giganto-cellulaire de contact
  • Altérations de l’épithélium tubulaire
  • Fibrose interstitielle variable
  • IF : fixation d’Ac anti-chaîne légère (κ ou λ) au niveau des cylindres
24
Q

Tubulopathie myélomateuse : traitement ?

A

=> Urgence médicale : limiter la précipitation urinaire des chaînes légères
- Supprimer les facteurs favorisants : normovolémie, correction d’une hypercalcémie, arrêt des traitements favorisants…
- Bicarbonates IV : maintien d’une diurèse abondante > 3L/24h et alcaline (pH urinaire > 7)
- Hémodialyse en cas d’IRA mal tolérée ou de surcharge volémique ± membrane de dialyse de haute perméabilité permettant une épuration des chaînes légères libres (Myre)
- Chimiothérapie à débuter le plus précocement possible : dexaméthasone à forte dose par voie orale (chute la synthèse des chaînes légères) + agents ne nécessitant pas d’adaptation rénale = bortézomib si insuffisance rénale, thalidomide voire cyclophosphamide
=> Amélioration significative de la fonction rénale dans 50% des cas, parfois lente

25
Q

Amylose AL et myélome : généralités ?

A

= Dépôt extracellulaire de chaînes légères monoclonales (le plus souvent λ) à 95%, et d’autres
protéines (composant amyloïde P) à 5%, organisé en feuillets β-plissés formant des fibrilles
- Complique une MGUS dans la majorité des cas et un myélome dans seulement < 20% des cas

26
Q

Amylose AL et myélome : diagnostic ?

A

Signes rénaux
= Manifestation la plus fréquente de l’amylose AL : souvent révélatrice
- Protéinurie (albuminurie) constante ± syndrome néphrotique dans 1/3 des cas
- Insuffisance rénale dans 50% des cas, sans hématurie ni HTA
- Augmentation de taille des reins malgré l’insuffisance rénale

Signes extra-rénaux

  • Cardiaque : cardiomyopathie hypertrophique
  • Atteinte hépatique : hépatomégalie, cholestase anictérique
  • Neuropathie périphérique et neuropathie végétative
  • Signes évocateurs : macroglossie, hématomes périorbitaires…

PBR
=> Non systématique, à éviter si le diagnostic est porté sur une biopsie d’un tissus plus accessible : glandes salivaires, graisse abdominale, intra-rectale…
- Dépôts amyloïdes (≥ 2 colorations positives/3) : biréfringence vert-jaune en lumière polarisée après coloration rouge Congo, métachromasie au cristal violet et fluorescence à la thioflavine T
- Persistante après test au permanganate de potassium (≠ amylose AA)
- Pouvant intéresser toutes les structures mais prédominant dans les glomérules
- Initialement mésangiale, oblitère progressivement l’ensemble du floculus
- Sans corrélation entre le débit de protéinurie et l’abondance des dépôts
- IF : fixation d’Ac anti-chaîne légère monoclonale (le plus souvent lambda)

27
Q

Syndrome de Randall : généralités ?

A

= Maladie des dépôts de chaînes d’Ig monoclonales (MIDD) : dépôts non amyloïdes d’Ig monoclonales,
généralement de chaînes légères isolées (LCDD), plus rarement lourdes (HCDD) ou mixte (LHCDD)
- Peut s’observer pour une prolifération plasmocytaire de faible masse ou un myélome de forte masse
=> Pronostic rénal péjoratif : évolution rapide vers l’insuffisance rénale terminale

28
Q

Syndrome de Randall : diagnostic ?

A

Atteinte rénale constante et révélatrice :

  • Insuffisance rénale : de sévérité variable
  • Protéinurie glomérulaire ou syndrome néphrotique
  • Parfois : hématurie microscopique, HTA

Atteintes extra-rénales (30%, peu symptomatique) : hépatique, cardiaque, neurologique

PBR
- Atteinte tubulaire constante : épaississement des membranes basales tubulaires
± Atteinte glomérulaire hétérogènes, jusqu’à la glomérulosclérose nodulaire
- IF : dépôts de chaînes légères, souvent κ, sur les membranes basales et mésangiale

29
Q

Syndrome de Fanconi : généralités ?

A

= Anomalies des transports tubulaires proximaux : très rare

  • MGUS (le plus souvent kappa) ou myélome, souvent de faible masse tumorale
  • Autres causes : génétique, traitement antirétroviraux
30
Q

Syndrome de Fanconi : diagnostic ?

A
  • Glycosurie normoglycémique
  • Amino-acidurie généralisée
  • Hypo-uricémie par fuite urinaire
  • Acidose métabolique tubulaire proximale
  • Diabète phosphaté, ostéomalacie à long terme
  • Hypokaliémie avec kaliurèse inadaptée
  • Insuffisance rénale lentement progressive (50%)

PBR = Lésions des cellules tubulaires proximales (site de réabsorption des chaînes légères)
- Cristaux de chaînes légères (le plus souvent κ) dans le compartiment endo-lysosomal

31
Q

Myélome multiple : traitement anti-tumoral ?

A
  • Alkylant : melphalan, cyclophosphamide
  • Corticoïdes : dexaméthasone
  • Immunomodulateur (IMiD, cible la protéine céréblon) (oral): thalidomide, lénalidomide, pomalidomide
  • Inhibiteurs du protéasome (IV ou SC) : bortézomib, carfilzomib, ixazamib
    => En cas d’insuffisance rénale : bortézomib à privilégier, thalidomide possible

Indication
= Uniquement en cas de myélome multiple symptomatique (critère CRAB ou critères biologiques)
< 65 ans :
- Traitement d’induction : bortézomib + thalidomide + dexaméthasone
- Consolidation : melphalan à forte dose + autogreffe de cellules souches
± Traitement d’entretien par lénalidomide
> 65 ans (non éligible à l’autogreffe) : chimiothérapie conventionnelle par melphalan + dexaméthasone + thalidomide ou bortézomib

EI
Thalidomide
- Neuropathie périphérique
- Neutropénie
- Risque thromboembolique élevé : prévention par HBPM ou aspirine
- Effet tératogène majeur : contraception obligatoire

Bortézomib

  • Neuropathie périphérique dose-dépendante (diminué par voie SC)
  • Autres : thrombopénie, asthénie, troubles digestifs, hypotension

Melphalan
- Myélodysplasie, alopécie, trouble des phanères, nausées/vomissements, mucite

32
Q

Myélome multiple : traitement symptomatique ?

A

Anémie

  • Transfusions
  • EPO recombinante

Infection

  • Antibiothérapie précoce (en évitant les antibiotiques néphrotoxiques)
  • Prévention : vaccination anti-pneumococcique et antigrippale, immunoglobulines polyvalentes parfois utilisées

Atteinte osseuse

  • Biphosphonate au long cours : injection IV 1 fois/mois
  • Supplémentation en vitamine D et calcium

Douleur osseuse

  • Antalgique de palier adapté, en évitant les AINS
  • Radiothérapie localisée sur un site douloureux malgré chimiothérapie

Lésion à haut risque de fracture
= Fémur ou humérus :
- Chirurgie préventive : enclouage centromédullaire
- Radiothérapie localisée

Epidurite ou compression médullaire
= Urgence : IRM médullaire => avis neurochirurgical
- Laminectomie décompressive ± suivie d’une radiothérapie
- Radiothérapie + dexaméthasone à forte posologie

Hypercalcémie
= Urgence thérapeutique : hydratation, biphosphonate, corticoïdes

33
Q

Myélome multiple : évolution sous traitement ?

A
  • Médiane de survie = 8 à 10 ans chez les patients < 65 ans, 5 à 6 ans chez les patients > 65 ans

Réponse thérapeutique partielle
- Définition : chute > 50% du taux d’Ig monoclonale sérique et/ou chute > 90% de l’excrétion urinaire des chaînes légères

Réponse thérapeutique complète

  • Normalisation de la plasmocytose médullaire
  • Disparition du composant monoclonal en immuno-fixation

Phase de plateau
= Diminution de l’activité proliférante de la tumeur : durée variable (12 à 18 mois), toujours suivie d’une rechute
=> Arrêt de la chimiothérapie par alkylant

Rechute
- En moyenne 1 à 6 rechutes entre le diagnostic et le décès
=> Reprise de la chimiothérapie : réponses plus rares et plus courtes

En 2nd intention

  • 2ème autogreffe possible chez les patients éligibles
  • Daratumumab = Ac monoclonal anti-CD38 : si myélome réfractaire ou rechute
34
Q

Syndrome d’hyperviscosité sanguine : généralités ?

A

= Altération de la fluidité sanguine ou plasmatique entraînant un défaut d’oxygénation tissulaire

  • Hyperviscosité sanguine = liée à hypergammaglobulinémie monoclonale ou polyclonale : myélome, Waldenström…
  • Hyperviscosité cellulaire = liée à une élévation des éléments figurés du sang : leucémie aiguë hyperleucocytaire (leucostase : LAM5 principalement), polyglobulie, LLC
35
Q

Syndrome d’hyperviscosité sanguine : clinique ?

A

Triade :

  • Saignement cutanéo-muqueux : épistaxis, gingivorragie, atteinte cutanée…
  • Troubles visuels : baisse d’acuité visuelle, diplopie
  • Manifestations neurologiques : céphalées, vertiges, acouphène, ataxie, chorée, déficit focal, voire trouble de la conscience, jusqu’au coma
  • Manifestation thrombotique
  • Autres manifestations : asthénie, faiblesse musculaire, insuffisance cardiaque à haut débit
36
Q

Syndrome d’hyperviscosité sanguine : examens complémentaires ?

A
  • augmentation VS sans syndrome inflammatoire
  • Hémodilution : fausse anémie, fausse hypoprotidémie
  • Frottis : rouleaux d’hématies
  • FO ++ : aspect très évocateurs avec vaisseaux dilatés, tortueux, hémorragies en flammèche et OVCR fréquente
  • Mesure de la viscosité sanguine (rarement réalisée)
37
Q

Syndrome d’hyperviscosité sanguine : traitement ?

A

=> Urgence thérapeutique : réduction rapide de la viscosité sanguine

  • Traitement étiologique
  • Eviter la déshydratation
  • Echange plasmatique en cas de signes neurologiques, saignement non contrôlé, de signes respiratoires ou de manifestation thrombotique
38
Q

Gammapathie monoclonale : généralités ?

A

Gammapathie monoclonale = présence dans le sang d’une Ig ou partie d’Ig (surtout chaînes légères) monoclonales

DD

  • Protéine non Ig : protéine de l’inflammation (haptoglobine… => α2), transferrine et fibrinogène ( => β)
  • Hypergammaglobulinémie polyclonale : bande large
39
Q

Gammapathie monoclonale : MGUS ?

A

= Gammapathie monoclonale de signification indéterminée : pic monoclonal < 30 g/L

  • Très fréquent : 1% de la population entre 60 et 70 ans, jusqu’à 10% des sujets âgés > 80 ans
  • Diagnostic d’élimination : bilan clinique et biologique normal et pic stable pendant 1 an
  • Absence d’IgD ou de chaînes légères libres (presque toujours malin)
  • Transformation maligne (myélome ou Waldenström) dans 10% des cas : risque = 1%/an
  • Surveillance à vie tous les 6 mois/1 an : clinique et biologique (NFS, créatininémie, calcémie, EPS)
40
Q

Gammapathie monoclonale : maladie de Waldenström ?

A

= Lymphome lympho-plasmocytaire : Infiltration lympho-plasmocytaire

  • Ig monoclonale d’isotype M : pic en β ou en γ-globulines
  • Syndrome tumoral : ADP, splénomégalie
  • Cytopénie

Pathologie liée à l’IgM :

  • Hyperviscosité sanguine
  • Agglutinine froide
  • Amylose
  • Anémie auto-immune, thrombopénie auto-immune
  • Cryoglobuline
  • Neuropathie périphérique à anti-MAG
41
Q

Gammapathie monoclonale : maladie des dépôts ?

A
  • Amylose AL : dépôts de chaînes légères (habituellement λ), primitive ou 2ndr à un myélome
  • Maladie des chaînes légères (syndrome de Randall) : dépôts non amyloïdes de chaînes légères
    (habituellement κ) avec atteinte rénale prédominante
  • Maladie des chaînes lourdes : synthèse incomplète de chaînes lourdes d’Ig, sans chaînes légères
42
Q

Gammapathie monoclonale : étiologies ?

A
  • MGUS
  • myélome
  • maladie de Waldenstrôm
  • maladie des dépôts
  • Hémopathie maligne autre : surtout lymphoïde (leucémie lymphoïde chronique ou lymphome)
  • Cancer solide
  • Infection
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  • Cryoglobulinémie, maladie chronique des agglutinines froides
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Q

Gammapathie monoclonale : CAT ?

A

1ère bilan
- Recherche de symptôme biologique : NFS, créatininémie, calcémie (si IgG ou IgA), LDH (si IgM)
- Caractérisation de la gammapathie monoclonale : immunoélectrophorèse des protéines sanguines,
dosage des chaînes légères, protéinurie/24h ± immunoélectrophorèse des protéines urinaires
=> Eliminer un myélome multiple : symptomatique (critère CRAB) ou indolent (pic > 30 g/L)

Pic monoclonal < 30 g/L sans symptômes
Risque faible 
- Type IgG < 15 g/L
- Ratio κ/λ normal
= MGUS : Aucun bilan complémentaire, suivi clinique et biologique tous les 6 mois

Risque intermédiaire/élevé

  • Type IgA ou IgM > 15 g/L
  • Ratio κ/λ anormal
  • Myélogramme
  • Rx osseuses, CRP, LDH, β2-microglobuline
  • Si bilan normal = MGUS : suivi clinico-biologique

=> Critères HAS 2017 : avis spécialisé si IgG > 15 g/L, si IgA ou IgM > 10 g/L, chez le sujet < 60 ans ou si augmentation du pic de 25%